Diaspora/Covid-19 : Des migrantes et migrants d’Haïti en situation difficile au Chili

Par Alter Presse, Haïti, publié le 23 juillet 2020 

L’institut international de recherche et de défense des droits de la personne (Irped a.c.), basé à Mexico, demande au chargé d’affaires intérimaire de l’ambassade de la république d’Haïti au Chili, Fanfil Junior Monesty, d’accompagner les Haïtiennes et Haïtiens, qui se trouvent en situation difficile au Chili. 

« Des plaintes verbales font état de votre passivité à l’ambassade d’Haïti au Chili, particulièrement dans un contexte où la pandémie de Covid-19 (le nouveau coronavirus) est en train d’occasionner des pertes en vies humaines », déplore l’Institut international de recherche et de défense des droits de la personne, dans une lettre, adressée au chargé d’affaires haïtien au Chili et dont a pris connaissance l’agence en ligne AlterPresse. 

« Nous ne pouvons pas garder le silence devant les humiliations que beaucoup de nos compatriotes haïtiens sont en train de supporter, au Chili, comme dormir dans les rues, faute de moyens pour payer les loyers ». 

Entre-temps, la municipalité Providencia, au sein de la région métropolitaine de Santiago du Chili, a pris la responsabilité d’aller devant l’ambassade d’Haïti pour dresser une liste de 180 personnes, qui souhaiteraient retourner au pays. 

C’est ce qu’a fait savoir, Kervin Louiral, membre de la communauté haïtienne au Chili (Ndlr : Communinad haitianna in Chile), qui intervenait, le lundi 20 juillet 2020, à l’émission FwoteLide, sur AlterRadio 106.1 F.m. 

« C’est une honte, car, dans tous les autres pays, ce sont les ambassades qui prennent cela en charge, alors que, pour nous, c’est l’État chilien, qui prend la responsabilité de dresser une liste », regrette Louiral. 

Face à la situation économique difficile de compatriotes et d’autres migrants, une institution au Chili a pris la responsabilité d’organiser des vols humanitaires. L’ambassade d’Haïti au Chili devait seulement signer l’accord, permettant à Haïti de bénéficier de ces vols humanitaires. 

« Jusqu’à date, l’ambassade d’Haïti au Chili n’a pas encore accepté de signer l’accord. Au contraire, elle a publié une note, pour dire qu’elle ne reconnaît pas ce genre de démarches », alors que beaucoup d’Haïtiennes et d’Haïtiens veulent retourner au pays, critique Louiral. 


Le vendredi 17 juillet 2020, des centaines de compatriotes ont protesté contre les responsables de l’ambassade de l’ambassade d’Haïti au Chili, qui n’ont pas pris leurs responsabilités pour aider au retour des Haïtiennes et Haïtiens, désireux de revenir dans leur pays, à travers des vols humanitaires. 

Kervin Louiral déplore l’absence des autorités haïtiennes au niveau diplomatique. « Diplomatiquement, nous ne sommes pas représentés. Le système établi en Haïti est le même qu’au Chili », insiste-t-il. 

L’ambassade d’Haïti au Chili n’a pas même publié de notes, pour dénoncer l’assassinat d’un Haïtien au Chili. 

Les Haïtiens subissent beaucoup plus de discriminations, parce que les autorités haïtiennes sont absentes. Très souvent, nos compatriotes décèdent au Chili de morts violentes, même s’ils ne sont pas nécessairement impliqués dans des actes malhonnêtes, relève Louiral. 

« Avant le confinement, nos compatriotes étaient confrontés à des difficultés administratives, qui auraient contraint plusieurs migrantes et migrants haïtiens au chômage ». 

Aujourd’hui, ils n’ont pas les possibilités de travailler, à cause de la pandémie de Covid-19. Ce qui complique leur situation. Les autorités locales ne veillent pas vraiment sur les ressortissantes et ressortissants haïtiens. La seule option reste, pour eux, le retour au bercail, explique-t-il. 

La majorité de ces Haïtiennes et Haïtiens, qui désirent retourner en Haïti, vivent dans la capitale chilienne. 

Les migrantes et migrants haïtiens au Chili exigent de l’État central du personnel diplomatique qualifié, qui pourrait les aider à faire face à leur situation difficile au Chili, ainsi qu’une instance appropriée pour les soutenir, rapporte Kervin Louiral. 

Par ailleurs, les cas de propagation de Covid-19 continueraient d’augmenter au Chili. Les autorités exigent le confinement des zones, qui n’ont pas été encore confinées. 

Récemment, deux zones viennent d’être placées en confinement. Le Chili tend plus à fermer ses frontières qu’à les ouvrir. 

Les Haïtiennes et Haïtiens seraient moins touchés par le virus de Covid-19 que les nationaux au Chili. 

Les Haïtiennes et les Haïtiens, infectés par le virus de Covid-19, font appel aux autorités sanitaires chiliennes, qui viennent les retrouver pour assurer les suivis nécessaires, comme les conseiller sur la quarantaine domiciliaire ou l’hospitalisation. 

Cependant, ils ne recevraient pas les mêmes traitements (en soins de santé) que les Chiliennes et Chiliens à l’hôpital. 

Pour se faire traiter, ils recourent à des remèdes à base de plantes, dont le gingembre.