Être l’apôtre de l'État de Droit dans un État comme Haïti : rêve ou réalité ?

Par Godson Lubrun, Le National, édition du 15 au 19 mai 2020 

« Tout ce qui relève du Droit, de l’État de Droit ou du sérieux est relégué à l’arrière-plan en Haïti », c’est par cette phrase, Me René Julien, promoteur de l’État de Droit et apôtre de ce concept depuis des lustres dans le pays. Entre incompréhensions , regrets et amertume, l’initiateur de l’amicale des juristes et du parti politique dénommé l’Action démocratique pour Bâtir Haïti (ADEBHA) a livré ses impressions sur le sujet : Être l’apôtre de l'État de Droit dans un État comme Haïti : rêve ou réalité ?En effet, il était l’invité d’un segment de l’émission radiophonique hebdomadaire Top Haïti diffusée tous les samedis matins entre 8h et 10h en duplex sur les radios D’S FM 104.7 et sur radio Top Haïti sur la plateforme zeno en son édition du samedi 9 mai 2020. 

René Julien considère ce moment présent comme celui du déclin Haïti c’est-à-dire de la constitution et de la loi. « Nous avions tout fait systématiquement pour combattre la loi », a martelé celui qui a créé l’amicale des juristes en 1988 et l’ADEBHA en 1997 en vue de la promotion du droit et de l’État de droit en particulier dans le pays. Il dit considérer comme ces deux plus grands moments dans l’État de Droit en Haïti. 

Si le concept d’État de Droit vient avec l’évolution des États où les États s’étaient obligés de s’être assujettis au Droit, René Julien croit que son apport consiste en sa promotion dans le pays depuis trois décennies. Pour lui, il est grand temps de tout remettre en question y compris les hommes et femmes de l’actuelle élite dirigeante afin de construire sur la base d’un État de Droit. 

L’État de droit dans le contexte haïtien doit être issu de la matrice des citoyens, affirme René Julien. Une Force éclairée est à voir le jour selon les souhaits de l’homme de loi qui regrette les épisodes des dernières élections où des individus ayant de gros soupçons en contravention avec la loi se sont fait élire. Le parlement, soutient René Julien, dans un système correct profile comme le pionnier de l’État de Droit.