Haïti-Justice-Droits humains : le RNDDH préoccupé, écrit au Ministre de la justice

Par Haïti Press Network, publié le 30 avril 2020 

Dans une lettre ouverte adressée au ministre de la justice et de la sécurité publique Me Lucmane Dellile, Le réseau national Haïtien de défense  des droits humains(RNDDH) se dit préoccuper par les impacts de la dernière intervention du ministre de la justice sommant les citoyens-nes de Village de Dieu non impliqués dans des actes de banditisme de vider les lieux. Le RNDDH dit avoir adressé cette lettre afin que  l'histoire retienne qu'une organisation de droits humains avait clairement fait comprendre au ministre que la voie empruntée par le ministère est la Mauvaise. 

"Monsieur le ministre de la justice et de la sécurité, vous avez dû passer la soirée du 27 Avril à vous féliciter après avoir remarqué des femmes, des jeunes filles, des vieux ainsi que des jeunes hommes ayant empaqueté tout ce qu'ils pouvaient emporter avec eux, abandonnaient Village de Dieu suite à votre Ultimatum de soixante douze(72) heures" souligne le RNDDH dans sa lettre ouverte. 

Plus loin, l'organisation de droits humains rappelle au ministre que ces gens dans la rue sont des êtres humains sachant que le ministre a été formé pour défendre la veuve et l'orphelin. "Pourtant à la première occasion vous leur avez craché dessus car, ces familles que vous avez poussées à abandonner leur lit, leur maison, ont dû, pour la plupart dormir sur des places publiques, exposées à toutes sortes d'actes répréhensibles" indique la lettre du RNDDH au ministre de la justice Me Lucmane Dellile. 

Le RNDDH rappelle à l'attention du Ministre de la justice que les vrais hommes d'Etat s'attaquent aux bandits qui sèment la terreur, leur donnent des ultimatums dans l'objectif de les déloger eux, et de permettre aux paisibles citoyens-nes de vivre tranquillement. 

"Ces hommes d'Etat contrôlent l'entrée des armes et des munitions sur le territoire national. Ils discutent au sein du Conseil supérieur de la police nationale(CSPN) des stratégies à adopter en vue de traquer des bandits et de permettre, au nom de vindicte publique, d'obtenir justice pour tout le mal qu'ils ont commis" peut-on lire. 

L'organisation de Droits humains souligne à l'attention du ministre que tout quartier peut devenir "Village de Dieu" lorsque les autorités perdent le contrôlent du territoire qu'ils sont appelés à protéger. Le RNDDH fait remarquer à la garde des sceaux  qu'en poussant les habitants de Village de Dieu à abandonner leur foyer, il a foulé leurs droits fondamentaux à la vie, à la sécurité, à la  santé et au logement.