Les révélations fracassantes de Michel-Ange Gédéon

Par Evens Régis, Le National, publié du 12 au 15 juillet 2019 

Le chef de la Police nationale, Michel-Ange Gédéon, lors d’une réunion avec la Commission sénatoriale justice, sécurité et défense nationale, a fait certaines révélations concernant l’insécurité et la contrebande en Haïti. D’après les révélations du DGPNH, rapportées par le sénateur Sorel Jacinthe, des officiels sont de connivence avec les chefs de gang. Ce qui, vraisemblablement, est à la base de l’échec de la lutte contre l’insécurité dans le pays. 

Les échanges ont eu lieu à huit clos, sans la présence des journalistes. Mais après la rencontre, le sénateur Sorel Jacinthe a placé quelques mots, rapportant ainsi les déclarations du chef de la PNH. Ce sont des révélations faites pratiquement sur les difficultés dans la lutte contre la contrebande et la chasse des bandits armés. Le sénateur Jacinthe ne décolère pas en raison, dit-il de la complicité de plusieurs officiels avec les gangs armés. Nombreux sont les actuels dirigeants du pays qui font partie des gangs, a révélé le sénateur Jacinthe. 

Par ailleurs, le sénateur a indiqué que le chef de la Police a fait état de 10 containers saisis par la PNH et qui ont été remis à leurs propriétaires sans aucun suivi des instances de la lutte contre la contrebande, aucun contrôle de la Douane. Quelque temps de cela, un scandale similaire avait éclaté au port de Lafito, propriété privée de la famille Bigio. Des containers d’armes et de cartouche auraient été saisis par la PNH et remis dans moins de 24 heures sans aucune explication. 

Depuis son accession au poste de directeur général de la PNH, Michel-Ange a toujours fait de son mieux pour calmer le jeu. Il a toujours su retenir certaines informations au moment, parfois, des séances d’interpellation au Sénat de la République. Il affirme que ses révélations visent à favoriser une synergie dans les actions des organismes oeuvrant dans la lutte contre la contrebande dans la zone frontalière. Cette audition, selon le président de la Commission, Jean Renel Sénatus, a permis de comprendre qu’il existe deux motivations dans le phénomène des gangs dans le pays : sociale et politique.