Les unités de la Police nationale « n’ont rien fait pour nous secourir », dénonce une victime

Par Alter Presse, Haïti, publié le 11 novembre 2019 

« J’affirme que la Police nationale d’Haïti (Pnh) est complice du massacre, perpétré au Bel Air, du lundi 4 au jeudi 7 novembre 2019. Plusieurs bases de la Pnh sont tout près de nous, mais elles n’ont rien fait pour nous secourir ». 

C’est ce que dénonce une victime, qui a été témoin des actes, dont l’incendie de sa maison et de sa motocyclette, perpétrés par des bandits armés, la semaine dernière, à son domicile et contre sa famille au quartier Bel Air, qui surplombe le Champ de Mars (principale place publique de la capitale), où se trouve le plains national à Port-au-Prince. 

« La Police nationale d’Haiti n’a secouru personne, alors que le quartier Bel Air se situe tout près du Palais national, de la Direction départementale de l’Ouest (Ddo) de la Pnh et de la base de la Brigade opérationnelle d’intervention départementale (Boid) », relève la victime du massacre de début novembre 2019 au Bel Air, qui intervenait à l’émission FwoteLide, ce lundi 11 novembre 2019, sur la station privée AlterRadio. 

La victime, qui gagnait sa vie en faisant la navette de passagères et de passagers, dans sa moto-taxi, indexe également, dans le massacre du 4 au 7 novembre 2019, l’ancien policier national Jimmy Chérizier, alias Barbecue, ainsi que les gangs armés de Dèyè Lakwa, menés par Ti Sonson, ainsi connu. 

Les noms de Jimmy Chérizier, alias Barbecue, et de Ti Sonson sont aussi cités dans le rapport du Réseau national de défense de droits humains (Rnddh), en date du 8 novembre 2019, qui relate les circonstances et le déroulement de la tuerie au Bel Air. 

Jusqu’au dimanche 10 novembre 2019, les bandits armés, aux ordres de Jimmy Chérizier, ont poursuivi leurs forfaits, en tirant sur plusieurs personnes au Bel Air, particulièrement dans la zone de la rue Péan, signale encore l’une des victimes. 

Livrés à eux-mêmes, les habitantes et habitants sont obligés de laisser la zone du Bel Air, pour aller se réfugier chez des proches et amis, dans d’autres quartiers, raconte la victime, qui fait état du feu, mis par les bandits armés, sur les corps de personnes tuées après la tragédie du lundi 4 au jeudi 7 novembre 2019. 

15 personnes mortes et plusieurs autres blessées par balles ont été enregistrés dans des attaques armées au quartier Bel Air de Port-au-Prince, a indiqué le rapport du Réseau national de défense des droits humains (Rnddh). 

Le Rnddh condamne et exige l’intervention des autorités policières, en vue de mettre fin immédiatement à ces attaques armées.