Non à l’industrie de l’insécurité

Par Berthony Dupont, Haïti Liberté, édition du 2 au 8 sept 2020 

Ce n’est pas une mince affaire. C’est une pratique criminelle, machiavélique qu’on ne va pas aisément maîtriser en Haïti puisqu’elle est très complexe. L’insécurité est une arme politique au service des classes dominantes et de leurs antennes qui ont trouvé bon office à ouvrir leur petite boutique d’organisations non-gouvernementales (ONG) avec le prestigieux label : défendre les droits de l’homme. 

La plupart des ONG locales ou étrangères ne sont que des officines des ambassades des grandes puissances et bien souvent leur politique est guidée par les principes fondamentaux de l’Organisation des Nations-Unies (ONU), même s’ils sont bafoués et trahis ; ils ne sont pas réellement concernés. 

Le pays doit devenir un endroit de paix comme il a toujours été. Le peuple est pris dans l’engrenage d’un conflit qui ne le concerne même pas. La situation actuelle ne serait ce qu’elle est, sans la complicité de certaines de ces entreprises qui n’ont jamais pour autant mis en question les droits économiques, sociaux et culturels, comme le droit à l’alimentation, à la santé et à l’assainissement des conditions de vie sanitaires du peuple haïtien. Elles sont plus présentes dans le domaine de l’insécurité qui sévit dans les quartiers populaires que dans la lutte contre la pauvreté, du chômage, de la misère ouvrière et paysanne encourageant le banditisme. En fait, ces organisations sont devenues justement des clientèles authentiques de l’insécurité. 

Bien souvent, leur chiffre d’affaires varie suivant le niveau de l’insécurité. A mesure que l’insécurité augmente, cela leur permet de solliciter plus facilement des dons, en un sens la baisse de ce phénomène d’instabilité n’est jamais dans leur intérêt puisqu’elles vivent aux dépens de lui. 

De temps à autre, arrive dans nos douanes des cargaisons d’armes destinées à l’insécurité mais jamais même une fois, il n’y a eu une tentative ou simulacre d’arrestation de leurs propriétaires, leurs destinations n’ont jamais été révélées ni dévoilées et les ONG de droits humains ne demandent pas plus. Voilà pourquoi, certaines de ces entreprises au lieu d’investir dans la paix et le développement, leur objectif primordial est d’alimenter l’industrie de l’insécurité. La paix est devenue un ennemi puisqu’elle n’aide pas à renflouer leur caisse. 

Tout au temps il y a crime, que des gens se déplacent, qu’il y a des morts et des blessés par-ci par-là ces images ne dérangent en rien l’objectif international à l’égard d’Haïti. Au contraire, ils permettent aux ONG sous le prétexte de droits humains d’en faire leur beurre. Nous ne sommes pas un peuple-objet. Notre droit à l’existence, en tant que nation est menacée, et il doit être remis en cause. Notre pays ne doit pas devenir une zone de non-droit, un lieu de tension par ceuxlà qui se sont mobilisés pour nous déstabiliser pendant qu’ils se présentent comme nos bienfaiteurs. C’est à nous peuples démunis, de fermer cette industrie qui n’est nullement à notre service mais plutôt pour nous détruire davantage. 

Les affrontements qui ont eu lieu au Bel-Air ont été non seulement pour le détournement de l’attention sur un sujet d’actualité l’assassinat du président du Barreau port-au-princien mais aussi pour susciter une situation d’insécurité, de déplacement en masse de gens dont l’industrie bénéficiaire en cette matière ne pourrait en aucune circonstance sortir perdante d’un côté comme de l’autre. 

La grave maladie quasi incurable qui a donné lieu à de véritables affrontements qui n’ont aucun sens entre les bandes des quartiers populaires est justement applaudie par ces concernés économiques. Quels sont les intérêts que tirent les quartiers populaires dans ces types d’auto-déstabilisation programmés par des têtes pensantes, créant des provocations pour allumer le feu entre des individus de même classe sociale et dont les intérêts ne sont pas différents. 

Ainsi, ni les classes dominantes ni leur instrument d’équilibriste, les ONG, gèrent l’insécurité au point qu’elle n’arrive jamais à disparaitre fondamentalement à l’instar des pays socialistes exemplaires dont Cuba. 

Ce n’est pas sans raison partout dans le monde où l’insécurité règne en maitre, ce pays est ou a été sous l’occupation des Nations-Unies qui se transforment en un instrument de domination coloniale des Etats-Unis. Et dans le cas d’Haïti, les ONG n’ont aucun problème à cela, au contraire elles critiquent du fait que les Etats-Unis n’ont pas assez implémenté leur politique de domination sur le pays. 

L’insécurité est une poule aux oeufs d’or pour les organisations de droits humains pro-impérialistes. Elles n’ont jamais eu de divergences voire des critiques envers les pratiques des ambassades occidentales. 

Le problème de la paix dans les milieux populaires défavorisés n’est sans nul doute pas le souci des protagonistes des classes dominantes qui ont maintenant maintes divergences internes à résoudre. Mais, le jour où les classes laborieuses monteront sur la scène politique pour revendiquer les intérêts et la souveraineté du pays, ces valets réactionnaires s’entendront pour les combattre. 

Le combat libérateur que doit mener le peuple haïtien, en l’occurrence les victimes des classes dirigeantes, est de déjouer par tous les moyens les manoeuvres impérialistes dont le principal reste l’industrie de l’insécurité qui fonctionne dans le pays.