Définitivement, le Pays est dirigé par une bande de voyous. Le dernier Rapport du RNDDH en est la preuve flagrante.

Par le National, Haïti, publié le 25 juin 2020 

Après avoir pris lecture du Rapport du Réseau National de Défense de Droits Humains( RNDDH), portant la date du 23 Juin 2020, je suis arrivé à la terrible Conclusion qu’Haiti, notre Pays, est dirigé par une bande de voyous. Dans ce rapport, le RNDDH nous explique avec un luxe de détails que le Pouvoir de Jovenel Moïse, pour contrôler les quartiers populaires de la Zone Métropolitaine de Port-au-Prince, en vue d’étouffer la mobilisation populaire et de voler éventuellement les prochaines élections, a décidé de constituer une puissante organisation criminelle avec les principaux chefs de Gang. Cette organisation criminelle est dirigée par Jimmy Chérizier alias Barbacue, l’un des principaux auteurs des Massacres de la Saline et de Bel’air.

Le RNDDH nous expose que, pour alimenter cette organisation criminelle qui pille, assassine et viole dans nos quartiers, le Président Jovenel Moïse a placé à la Caisse d’assistance Sociale( CAS) quelqu’un qui lui a été recommandé par les Chefs de Gang de la zone métropolitaine. A la page 7 de son magnifique Rapport, le RNDDH écrit et je cite : <<le 26 Mai 2020, vers 15 heures, 5 blindés de la Police Nationale d’Haiti, ont pris position à l’entrée de la zone dénommée Sous Terre au quartier de Nan Brooklynn, à Cité Soleil. Des tubes et des Bonbonnes de Gaz Lacrymogène ont été tirés dans toutes les directions, ce qui a obligé les résidents et résidentes de la zone à s’enfuir pour ne pas être asphyxiés. Peu après, des tirs d’armes automatiques ont fusé de toutes parts. Celles et Ceux qui tentaient de fuir ont alors été abattus ou blessés par balles, à l’arme blanche, lapidés à Coups de pierres et de blocs. De nombreux corps ont été Carbonisés et/ ou jetés à l’eau>>. En termes clairs, le RNDDH a documenté la participation de notre Police Nationale, notre seule force républicaine de Maintien d’ordre, dans le Massacre réalisé du 23 au 27 Mai 2020 par les chefs de Gang proches du Pouvoir de Jovenel Moïse dans  des Quartiers défavorisés de Port-au-Prince dont Pont Rouge, Chancerelles, wharf Jérémie, Fort Dimanche, La Saline et Nan Tokyo. Massacre qui a fait plus de 34 morts, environ une dizaine de blessés, 98 maisons incendiées et/ou vandalisées.

Même le camp des personnes à capacités réduites, localisé sur la piste de l’ancienne aviation, n’a pas été épargné au cours de ce Massacre. Dans le cadre d’une attaque perpétrée le 25 Mai 2020 contre le Camp des personnes à Capacités réduites, deux personnes dont un mineur de 15 ans, ont été massacrées  par les Groupes armés proches de Jovenel Moïse, agissant avec le support étonnant de la Police Nationale d’Haiti. Il s’agit donc d’un Crime d’assassinat avec circonstances aggravantes commis avec la participation des plus hautes autorités politiques et policières du Pays. Il s’agit aussi de crimes contre l’Humanité commis par un pouvoir en fin de règne contre des zones et des citoyens pour leur proximité idéologique et politique supposée avec l’Opposition politique.

De pareils crimes ne sauraient rester impunis en Haïti et dans le monde des droits de l’homme d’aujourd’hui. Voilà pourquoi, en ma qualité d’Avocat et de défenseur indépendant des Droits de l’Homme, Je demande immédiatement aux autorités Politiques et Policières de l’Etat, notamment le Premier Ministre( chef du CSPN), le Ministre de Facto de la Justice, le DGPNH et l’IGPNH de prendre toutes les mesures en vue de déterminer les circonstances entourant la participation de matériels et d’agents de la Police Nationale d’Haiti dans le sanglant Massacre ci-dessus décrit, aux côtés des chefs de Gang de la zone Métropolitaine de Port-au-Prince. Un tel détournement de la puissance publique au profit d’un clan Politique dans une soit-disant perspective électorale ne peut pas être toléré.

Cette triste réalité vient renforcer et légitimer  la Position du Secteur Démocratique et Populaire et des autres groupes de l’opposition qui rejettent toute possibilité d’élections avec Jovenel Moïse au Pouvoir. Oui, c’est une évidence, il ne saurait y avoir d’élections en Haïti pas avant le démantèlement des Groupes armés de Jovenel Moïse, l’organisation de la conférence Nationale Haïtienne Souveraine, l’aboutissement du Procès PETROCARIBE et l’adoption de la Nouvelle Constitution. Cela passe inévitablement par la mise en place d’une Transition Politique responsable, la Dernière TRANSITION.         
                                                                                                                 
André Michel, Avocat, 
Porte Parole du Secteur Démocratique et Populaire, 
Défenseur indépendant des Droits de l’Homme et de la Femme.