Environnement : Mise en garde du Kolektif jistis min contre tout éventuel décret sur l’exploitation des mines métalliques en Haïti

Par Alter Presse, Haïti, publié le 2 juillet 2020 

Le Kolektif jistis min (kjm) lance une mise en garde contre tout éventuel décret sur l’exploitation des mines métalliques dans le pays, dans une lettre ouverte adressée à l’administration Moïse-Jouthe, en date du mercredi 1er juillet 2020, dont copie transmise à l’agence en ligne AlterPresse. 

De janvier 2020 à date (juillet 2020), le gouvernement de facto n’a pas cessé de publier des décrets, dans un contexte de crise du Covid-19 (le nouveau coronavirus, à partir du jeudi 19 mars 2020), d’insécurité généralisée et de vide institutionnel (à partir de janvier 2020), dénonce le Kjm. 

En Haïti, les gouvernements corrompus et anti-peuple profitent généralement des périodes de crise, pour liquider toutes les ressources nationales vers une série de compagnies transnationales. 

La crise sanitaire, due au Covid-19, montre clairement combien l’eau, les arbres et les autres produits naturels sont importants pour la vie des êtres humains et des animaux, insiste le Kolektif jistis min. 

« Dans ce contexte de vide institutionnel, durant lequel se succèdent divers décrets (illégaux), sans consultations, ni informations préalables, la population, les communautés ciblées, les organisations de droits humains ont pour responsabilité d’être vigilantes sur les manoeuvres de l’État et des compagnies transnationales, qui veulent profiter du nouveau coronavirus pour faire main basse sur les ressources naturelles et minières du pays ». 

Comme le soulignent différentes enquêtes internationales (en Amerique latine, dans les Caraibes, en Afrique...), les exploitations minières tendent à devenir des projets macabres d’extermination, qui menacent la vie des êtres humains, des animaux, les économies nationales, l’environnement, les patrimoines matériels et immatériels, entre autres. 

Projets coloniaux de longue date, les exploitations minières sont des activités, qui ont créé le plus grand « ethnocide » à travers le monde. 

Une telle activité d’exploitations minières ne fera qu’aggraver la situation déjà difficile en Haïti, avertit le Kolektif jidtis min. 

Dans cette lettre ouverte, adressée également à l’Office de la protection de la citoyenne et du citoyen (Opc), le lundi 22 juin 2020, le Kjm attire l’attention sur les risques de violation de droits humains, particulièrement des droits des paysannes et paysans, dans 6 départements géographiques, dont le Nord, le Nord-Est, le Nord-Ouest, l’Artibonite, le Plateau central et l’Ouest (où se trouve la zone métropolitaine de la capitale, Port-au-Prince), dans le cadre de l’application des projets de mines métalliques. 

L’Opc devrait exiger du gouvernement de facto une feuille de route, à partir de laquelle ce dernier doit informer la population et les organisations de masse sur les actions, qu’il souhaiterait entreprendre pendant la crise due à la pandémie de Covid-19. 

Le Kolektif jistis min préconise de réaliser davantage d’enquêtes et de recherches sur les relations entre exploitations minières et violations des droits humains, notamment sur les cas avérés de violations des droits humains dans le cadre de l’application des projets d’exploitation des mines métalliques en Haïti. 

Tout en faisant un plaidoyer national et international sur les violations de droits humains, dans le cadre de l’application des projets d’exploitations des mines métalliques en Haïti, l’Office de la protection de la citoyenne et du citoyen devrait aussi accompagner les paysannes et paysans, qui ont signé, contre leur gré, des accords (obtenus par ruse) par des compagnies transnationales, recommande le Kolektif jistis min.