Le Bureau des avocats internationaux exige une enquête indépendante sur la tuerie du 13 novembre 2018 à La Saline

Par Alter Presse, Haïti, publié le 30 novembre 2018 

Le Bureau des avocats internationaux (Bai) réclame une enquête indépendante sur la tuerie, perpétrée, dans la nuit du mardi 13 novembre 2018, « contre les pauvres du quartier populaire » de La Saline (à l’ouest de Port-au-Prince), dans une note dont a pris connaissance l’agence en ligne AlterPresse. 

Le Bai appelle à la mise en place d’une commission de justice et de vérité pour mener cette enquête indépendante. 

Il dénonce le comportement, qu’il qualifie d’irresponsable, du premier ministre Jean Henry Céant, face aux différents massacres perpétrés contre les pauvres des quartiers populaires, notamment celui du 13 novembre 2018 à La Saline. 

Entre 15 et 25 personnes sont mortes dans cette tuerie, suite aux violences entre gangs armés, a indiqué la Fondasyon je klere (Fjkl), dans un rapport publié le vendredi 16 novembre 2018. 

On compte également au moins six femmes violées et plus de quinze maisons pillées, dans la tuerie du 13 novembre 2018 à La Saline. 

Le fait que les victimes viennent d’un seul camp montre combien la thèse de l’affrontement entre gangs armés ne peut pas tenir, soutient le Bai, en référence au rapport de la Fjkl. 

Le Bai critique les autorités publiques, qui continuent de jouer à la surdité et au mutisme pour minimiser l’ampleur de ce massacre. 

Le silence choquant, observé par le président Jovenel Moise sur cet acte barbare, lors de son adresse à la nation, dans la soirée du mercredi 21 novembre 2018, s’apparente à une campagne de banalisation de la vie des êtres humains d’origine sociale modeste, note le Bai. 

Jovenel Moïse avait, alors, demandé au chef du gouvernement de dialoguer avec tous les protagonistes politiques et les forces de la nation. 

Il a recommandé de prendre des dispositions institutionnelles pour garantir la sécurité des vies et des biens de toutes et de tous, suite à la paralysie des activités, provoquée par les mobilisations anti-gouvernementales, les dimanche 18, lundi 19 et mardi 20 novembre 2018. 

Ces mouvements de protestation visaient à exiger, notamment, la démission du président Jovenel Moïse et une reddition des comptes sur la gestion des fonds PetroCaribe d’aide vénézuélienne à Haïti, estimés à 3,8 milliards de dollars américains (Ndlr : US $ 1.00 = 76.00 gourdes ; 1 euro = 90.00 gourdes ; 1 peso dominicain = 1.70 gourde aujourd’hui). 

« La tuerie de La Saline est le crime du pouvoir Tèt Kale contre les pauvres des bidonvilles, pour avoir osé demander Kote kòb petwo karibe a », souligne l’organisme de défense des droits humains. 

Par son inaction face à ce massacre, le premier ministre Jean Henry Céant, également chef du Conseil supérieur de la police nationale (Cspn), sera tenu pour responsable de ce massacre, conformément aux lois haïtiennes et aux conventions internationales, signées et ratifiées par l’Etat haïtien, avrtit le Bureau des avocats internationaux.