Le gouvernement annonce le retrait de la mesure d’augmentation des prix du carburant

Par Alter Presse, Haïti, le 7 juil. 2018 

Le gouvernement a annoncé, en début d’après-midi de ce samedi 7 juillet 2018, le retrait de la mesure, rendue publique la veille (le vendredi 6 juillet 2018), d’augmenter substantiellement les prix des produits pétroliers, à l’issue de violentes manifestations qui ont paralysé la capitale. 

« Rappelant que violences et démocratie sont foncièrement incompatibles, le gouvernement annonce la suspension de la mesure d’ajustement des prix des produits pétroliers jusqu’à nouvel ordre », écrit le premier ministre Jack Guy Lafontant sur son compte Twitter, consulté par AlterPresse. 

Selon une note officielle, publiée le 6 juillet 2018 sur les réseaux sociaux, le gouvernement a ajouté 85.00 gourdes (Ndlr : US $ 1.00 = 69.00 gourdes ; 1 euro = 85.00 gourdes ; 1 peso dominicain = 1.60 gourde aujourd’hui) sur le prix de la gazoline, qui passerait ainsi à 309.00 gourdes. 

Il a également augmenté de 85.00 gourdes le prix du gazoil, qui coûterait 264.00 gourdes, tandis qu’il a mis 89.00 gourdes sur le prix du kérosène, plus connu sous le nom de « gaz blanc » (très utilisé par la plupart des ménages en Haïti), qui serait désormais à 262.00 gourdes. 

Il a donc fallu moins de 24 heures pour que l’exécutif revienne sur cette mesure, encore justifiée dans la matinée du 7 juillet 2018 par le premier ministre, lors d’une intervention à la Télévision nationale d’Haïti (Tnh), appelant la population à la patience. 

Dans un autre tweet du 7 juillet 2018, Lafontant « condamne vigoureusement les actes de violences et de vandalismes, perpétrés suite à l’annonce de l’ajustement des prix des produits pétroliers ». Il demande aux autorités compétentes de « prendre les mesures nécessaires, afin de sécuriser les vies et les biens sur toute l’étendue du territoire et que justice soit rendue aux victimes ». 

Au vu de la situation, qui continue de prévaloir en milieu d’après-midi, ce samedi 7 juillet 2018, le retrait de la mesure gouvernementale est arrivé plutôt tard. 

La tension persistait en plusieurs points, dans la zone métropolitaine de la capitale, Port-au-Prince, où la circulation était impossible à cause de l’encombrement des routes et d’autres voies. 

Plusieurs incidents, ayant fait au moins trois morts, dont un policier national, dans l’après-midi du vendredi 6 juillet 2018, ont été rapportés à AlterPresse. 

Des tentatives d’incendies de plusieurs édifices ainsi que des véhicules ont eu lieu, parmi eux un commissariat de police. 

Plusieurs bâtiments commerciaux, dont des supermarchés, ont été attaqués, particulièrement sur l’axe de Delmas, en périphérie de la capitale. Des débuts de pillage ont été observés, alors que La présence de la police dans les rues a paru assez timide. 

Plusieurs lignes aériennes ont annulé leurs vols, en provenance d’Amérique du Nord, de l’Amérique latine et des Caraïbes, vols prévus dans la matinée et dans l’après-midi de ce samedi 7 juillet 2018 sur Port-au-Prince. 

Des consignes ont circulé, dans les milieux diplomatiques et parmi le personnel des agences internationales, présentes dans le pays, pour demander le confinement et la prudence face à une situation sécuritaire improbable. 

Dans ces mêmes milieux, on craint une éventuelle situation humanitaire difficile dans les prochaines heures, vu que, depuis 24 heures (depuis l’après_midi du vendredi 6 juillet 2018), de nombreuses personnes n’ont pas pu s’approvisionner en eau et nourriture.