Les funérailles de 6 victimes des manifestations du 17 octobre dernier tournées au vinaigre

Par Naomie Olivier, Haïti Press Network, publié le 1 novembre 2018 

Un vent de panique a soufflé au niveau de l’Eglise de Notre dame du perpétuel secours au Bel-Air mercredi 30 septembre lors de ces funérailles. Deux personnes ont été tuées pendant des échanges de tirs entre la police et des individus armés non identifiés. 

La police a annoncé l'ouverture d'une enquête sur la mort des deux manifestants au Bel-air.  Des proches et des personnalités politiques étaient venus rendre un dernier hommage aux  victimes de la journée du 17 octobre quand les échauffourées ont commencé. 

À l’origine des tirs un véhicule de police dans les parages qui a été mal perçu. Les célébrants et l’assistance inquiets après les premiers détonements ont vidé les lieux, pendant que l’église était la cible de grenades lacrymogènes en riposte aux  jets de pierres qui venaient de tout bord. 

Un incident a déploré le père Didy Horace. "Ils nous ont aspergés de gaz, nous empêchant même de rendre un dernier hommage à nos frères et soeurs victimes pour une bonne cause" a  regretté le curé. Un dernier hommage que comptaient rendre les religieux en dépit de la situation tendue qui régnait. "Nous sommes là, on attend’’ a martelé le révérend Amos George l’un des officiants. 

La cérémonie a pu se dérouler dans un calme apparent, après les violents échanges qui opposaient les agents de la police nationale d’Haïti (PNH) et la population aux abords de l’église. Un affrontement qui a fait aux moins deux morts et des blessés. Une situation qui a donné lieu à une manifestation improvisée. 

Ces événements, ainsi que les circonstances de la mort des victimes ne laissent pas indifférents le père Didy Horace. "Nous devons retourner à l’ordre moral dans le pays, ce n'est pas aux corrompus de faire la loi. Vous n’avez pas mangé les raisins verts, vous n’aurez pas les dents gâtés" a soutenu le paroissien dans son sermon de circonstance. 

L’implication du secteur démocratique et populaire dans la tenue des funérailles était évidente. En plus des inscriptions au nom du regroupement politique au sein de la paroisse, des têtes bien connues affiliées  au mouvement politique étaient aussi remarquées comme André Michel, Moise Jean Charles et Dr Schiller Louidor.