Rues barricadées, Port-au-Prince toujours paralysée

Par Alter Presse, Haïti, le samedi 7 juillet 2018 

Les activités sont toujours paralysées dans plusieurs quartiers de la capitale, où des rues sont barricadées empêchant la circulation automobile, tandis que de nombreuses personnes tentent de rejoindre leurs demeures après avoir été obligées de s’abriter durant la nuit. Rien ne semble changer à la situation de tension qui prévaut depuis l’annonce, le 6 juillet, de l’augmentation substantielle des prix du carburant, observe AlterPresse. 

Selon une note officielle, publiée sur les réseaux sociaux, le gouvernement a ajouté 85.00 gourdes (Ndlr : US $ 1.00 = 69.00 gourdes ; 1euro = 85.00 gourdes ; 1 peso dominicain = 1.60gourde aujourd’hui) sur le prix de la gazoline, qui devrait passer ainsi à 309.00 gourdes. Il a également augmenté de 85.00 gourdes le prix du gazoil, qui passerait à 264.00 gourdes, tandis qu’il a mis 89.00 gourdes sur le prix du kérosène, plus connu sous le nom de gaz blanc (très utilisé par la plupart des ménages en Haïti) qui coûterait désormais 262.00 gourdes. 

Un appel au calme et à « la patience », lancé tôt dans la matinée à la Télévision nationale d’Haïti (Tnh) par le premier ministre Jack Guy Lafontant, ne semble pas avoir l’impact escompté. Le premier ministre a justifié la mesure adoptée et n’a montré aucune velléité de faire marche arrière, alors que les mouvements semblent avoir repris tout de suite après cette déclaration. 

Lafontant était accompagné de divers responsables de la sécurité, dont le directeur général de la police, Michel-Ange Gédéon. Ce dernier a annoncé qu’un policier a été tué à Port-au-Prince. Il a averti que la police ne saurait rester les bras croisés face aux actes de violence. En plus des barricades enflammées et de divers obstacles installées sur les routes, des groupes de personnes rassemblées dans certains points tentent d’organiser des manifestations spontanées.