Amnesty international demande de poursuivre les personnes soupçonnées de crimes et violations des droits humains en Haïti

Écrit par Alter Presse, Haïti, publié le 20 mars 2024 

L’organisation de droits humains Amnesty international appelle la communauté internationale à pour-suivre les personnes soupçonnées de crimes de droit international et de violations des droits humains en Haïti, dans une note transmise à l’agence en ligne AlterPresse. 

Amnesty international invite la communauté internationale « à surveiller et à documenter soigneu-sement les éventuels crimes de droit international et violations des droits humains commis dans le pays, afin de garantir le respect du droit international et, le cas échéant, de poursuivre les personnes soupçonnées de responsabilité pénale ». 

Elle condamne fermement les violences, qui ont été orchestrées, ces dernières semaines, par les gangs armés, qui ont pris le contrôle de la capitale, Port-au-Prince, et d’autres zones du pays pour forcer la démission du premier ministre de facto Ariel Henry. 

La récente escalade de la violence a contraint plus de 35 mille personnes à se déplacer, depuis le début de l’année 2024, das la zone métropolitaine de la capitale, Port-au-Prince, déplore-t-elle. 

Des dizaines de décès, d’enlèvements, de violences sexuelles contre les femmes et les filles ont été également signalés. 

Amnesty international souligne « l’importance d’aborder la crise dans une perspective de droits hu-mains, avec une approche non raciste et sensible au genre, en s’appuyant sur les dirigeants de la société haïtienne pour trouver des solutions possibles et empêcher des actions qui pourraient nuire davantage à la population ». 

Tout en exprimant sa préoccupation face aux atrocités signalées, l’organisme international de droits humains exhorte la communauté internationale à aborder la situation dans le pays sous l’angle des droits humains. 

« Cette crise est le résultat de décennies d’instabilité politique, d’extrême pauvreté, de catastrophes naturelles, d’affaiblissement des institutions étatiques et de manque d’engagement réel de la com-munauté internationale, qui ont laissé la population vulnérable à la violence ». 

Loin de s’attaquer aux causes profondes de la crise et de conduire à une stabilité durable, les solu-tions militaires et les interventions extérieures ont laissé un héritage durable de violations des droits humains et d’impunité, critique Ana Piquer Romo, directrice pour les Amériques à Amnesty International. 

« Les scènes de violences, que nous a laissées cette crise, sont horribles. Les bandes criminelles, qui sèment la terreur, doivent savoir que la gravité de leurs actes entraîne leur responsabilité et qu’elles peuvent être poursuivies pour des crimes relevant du droit international et de graves viola-tions des droits humains. Les souffrances de tant de personnes ne peuvent pas rester impunies ». 

Entre les lundi 18 et mercredi 20 mars 2024, plus d’une douzaine de corps sans vie ont été décou-verts dans la commune de Pétionville (municipalité à l’est de Port-au-Prince), secouée par une vague de violences de gangs armés. 

Cette intensification des actes de criminalité est observée dans la zone métropolitaine de Port-au-Prince, depuis les assauts de gangs armés perpétrés le jeudi 29 février 2024, pour forcer Ariel Henry à démissionner. 

 

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