Appel à de nouvelles mobilisations antigouvernementales avant et après le 7 février 2024 à travers Haïti.

Écrit par Alter Presse, Haïti, publié le 2 fév 2024 

Diverses organisations socio-politiques et syndicales projettent de manifester dans la capitale, Port-au-Prince et dans plusieurs villes en province, les lundi 5, mardi 6 et mercredi 7 février 2024, en vue de continuer d’exiger le départ du premier ministre de facto, Ariel Henry, selon les informations ras-semblées par l’agence en ligne AlterPresse. 

Le mercredi 7 février 2024 devrait être la date de départ du gouvernement de facto d’Ariel Henry, exigent ces organisations sociopolitiques et syndicales. 

Il est nécessaire d’organiser une mobilisation nationale sous différentes formes pour libérer le pays de la tutelle d’Ariel Henry, supporté par les gouvernements des États-Unis d’Amérique, du Canada, de la France, et le Core Groupe, estime, en conférence de presse le jeudi 1er février 2024, le syndicaliste Josué Mérilien, coordonnateur de l’Union nationale des normaliennes et normaliens haïtiens (Unnoh), membre du regroupement Konbit òganizasyon politik, sendikal ak popilè yo. 

« Nous avons une obligation de nous élever avec force contre Ariel Henry, qui devra être remplacé par une équipe ayant une vision claire pour retirer le pays de son impasse actuelle », espère le re-groupement Konbit òganizasyon politik, sendikal ak popilè yo, qui dit s’attendre à « une bataille lon-gue et difficile ». 

La mobilisation générale, visant à dénoncer le chaos insupportable et intolérable installé dans le pays par Ariel Henry et ses complices de la communauté internationale, devra se poursuivre après le mer-credi 7 février 2024, (date marquant le 38e anniversaire de la chute - le 7 février 1986 - de la dicta-ture des Duvalier), insistent ces organisations sociopolitiques et syndicales, 

Les conditions socio-économiques de la population se sont considérablement détériorées, sauf celles des financeurs des gangs armés dans le pays et de leurs complices, signalent l’Unnoh, le Mouve-ment de liberté, d’égalité des Haïtiens pour la fraternité (Moleghaf), le Forum des organisations syn-dicales et populaires (Fosynpo), le parti politique Rasanbleman sosyalis pou yon inisyativ nasyonal tou nèf (Rasin Kan Pèp La) et Sèk Janil [1]). 

Ces différentes organisations sociopolitiques et syndicales indexent les États-Unis dans le trafic d’armes et de munitions, en provenance principalement de la Floride, vers Haïti. 

Elles mettent en garde contre des manoeuvres du pouvoir de facto en place pour étouffer les mou-vements de protestations, notamment dans les communes du département de la Grande Anse (une partie du Sud-Ouest d’Haïti) et à Gonaïves (Artibonite/Nord). 

Par ailleurs, plusieurs organisations sociales dans le département du Sud, comme Konbit aksyon popilè Sid (Kpas), Òganizasyon lave je koray Anri (Olajeka) et la branche départementale de Tèt kole ti peyizan ayisyen annoncent aussi la poursuite de la mobilisation dans plusieurs villes, notamment celle des Cayes, contre la criminalité, la vie chère, l’injustice et le gouvernement de facto d’Ariel Henry. 

En conférence de presse le jeudi 1er février 2024 , le parti politique Rassemblement social-démo-crate pour le progrès d’Haïti (Rsd) a aussi demandé à Ariel Henry de se retirer, pour éviter un bain de sang dans le pays. 

« Les faits montrent que le pays est menacé. Le temps de la démagogie est fini. Aucune force ne viendra aider le pays. C’est de la démagogie ». 

Le parti politique Rsd appelle les protagonistes politiques à s’assoir, pour dégager un consensus politique unitaire. 

Il préconise la mise en place d’une politique résolue contre le banditisme et l’organisation d’une conférence nationale pour orienter la gestion politique en Haïti. 

De concert avec plusieurs autres organisations, le parti politique Engagés pour le développement (Ede) de l’ancien premier ministre et ministre des affaires étrangères et des cultes, Claude Joseph, envisage egalement une série de mobilisations, les lundi 5, mardi 6 et mercredi 7 février 2024, à Port-au-Prince, pour forcer le chef du gouvernement de facto à laisser le pouvoir, en conférence de presse, le jeudi 1er février 2024. 

Un rassemblement est programmé pour le lundi 5 février 2024 devant le bureau du premier ministre de facto Ariel Henry, à Musseau, dans la capitale, Port-au-Prince. 

Dénonçant le laxisme des autorités étatiques face aux actes criminels des gangs, le parti politique Ede fustige la mauvaise gouvernance du pays par le pouvoir de facto en place, caractérisée par des actes d’assassinats, de kidnapping et des déplacements forcés de milliers de familles, à cause des assauts de gangs armés. 

Plusieurs citoyennes et citoyens, dont des militantes et militants politiques, ont de nouveau manifesté, le mercredi 31 janvier 2024, dans les rues de Pétionville, de Delmas et de Port-de-Paix (département du Nord-Ouest), pour continuer d’exiger la démission du premier ministre de facto, Ariel Henry. 

La manifestation anti-gouvernementale du 31 janvier 2024 a été violemment dispersée à coups de gaz lacrymogènes, lancés par des agents de la Police nationale d’Haïti (Pnh) devant l’ambassade du Canada, entre Delmas 75 et 71. 

A Port-de-Paix (département du Nord-Ouest), de nombreuses personnes ont également gagné les rues, le mercredi 31 janvier 2024, pour critiquer l’absence de résultats probants du gouvernement de facto, notamment contre la terreur des gangs armés, depuis son installation le 20 juillet 2021, il y a plus de 30 mois, fin janvier 2024. 

Le lundi 29 janvier 2024, des mobilisations émaillées de violences, contre Ariel Henry ont été obser-vées dans plusieurs villes en province, comme Cap-Haïtien (Nord), Cayes (Sud), Gonaïves (Artibo-nite), Jérémie (Grande Anse/ une partie du Sud-Ouest), Miragoâne (Nippes, autre partie du Sud-Ouest), Petit-Goave (Ouest). 

Ces démonstrations de rues ont provoqué une perturbation des activités commerciales, scolaires et des transports en commun dans ces villes. [emb rc apr 02/02/2024 11:45] 

[1] Sèk Janil du nom de Jean Anil Louis-Juste. Né à Ganthier le 6 mai 1957, Jean Anil Louis-Juste a été assassiné par des tueurs à motos le 12 janvier 2010 à Port-au-Prince, quelques heures avant le tremblement de terre dévastateur du 12 janvier 2010. 

 

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