Après la démission du ministre de la justice et le retrait de l'interpellation de celui de l'Intérieur, le president du Sénat estime révolu le dossier Belizaire.
Agence Haitienne de Presse
Port-au-Prince, le 23 novembre 2011 -- Le dossier Arnel Bélizaire, du nom du député arrêté "illégalement" le 27 octobre dernier puis libéré le lendemain, est une page tournée au Sénat de la république selon le président du grand corps, Rodolphe Joazile.
Bien que le rapport de la commission spéciale chargée d'enquêter sur les implications des officiels du gouvernement dans l'arrestation du parlementaire en fonction, n'ait pas été sanctionné par l'assemblée, un groupe de sénateurs estime l'affaire close, suite au retrait, sur proposition du sénateur Joseph Lambert, du point f des recommandations dudit rapport.
Rodolphe Joazile croit qu’il faut à présent passer à autre chose, estimant qu’il y a d'autres sujets d’importance à gérer. Il a cité entre autres, le dossier de la CIRH (Commission Intérimaire pour la Reconstruction d’Haïti), celui relatif au budget rectificatif , au programme d’éducation pour tous et celui de l’armée.
Ce sont, a-t-il dit,, des dossiers d’intérêt national qui ont souffert durant près d’un mois en raison de l’affaire Bélizaire. Rodolphe Joazile est également revenu sur la rencontre qui s'est déroulée au Palais présidentiel entre le chef de l’Etat et une douzaine de sénateurs peu avant la séance de mardi. Il affirme que cette rencontre n’a en rien influencé le vote du grand corps.
Si aujourd’hui ou demain je dois accompagner des collègues au palais pour nous entretenir avec le chef de l’Etat autour des grands dossiers de la nation, je le referai, a-t-il martelé.
Pour ce qui est des collègues qui mettent en cause la constitutionalité de la séance de mardi soir, arguant que le vote n’a pas été acquis à la majorité absolue des membres du grand corps, Jean Rodolph Joazile estime que, selon l’artice 117 de la constitution, les actes du corps législatif sont pris à la majorité des membres présents ce qui, croit-il, a été le cas mardi soir.
(11 sénateurs avaient voté pour le retrait du point f des recomandations, 6 avaient voté contre et 4 se sont abstenus sur 21 sénateurs presents.)
C’est également la position du sénateur Youri Latortue réputé lui aussi proche du ministre de l'Intérieur et de la Défense. Selon lui, la séance du 22 novembre, est un pas important dans la résolution de la crise. Il appelle les différentes branches du pouvoir à s’asseoir autour d’une table pour se penjcher sur les grands dossiers de la nation.
Il reconnait cependant que les députés peuvent décider de traiter à leur manière le dossier Bélizaire, à la rentrée parlementaire de janvier prochain.
Pour ce qui est du retrait de l’interpellation du ministre de la justice, tel que proposé par la commission sénatoriale mais rejeté lors de la séance de mardi, Youri Latortue dit croire qu’une interpellation est un acte juridique et que la majorité des sénateurs avaient décidé.
Le sénateur François Anick Joseph banalise l'argumentation de ses collègues qu'il estime intéressée. Il a dénoncé ce qu’il appelle le non-respect par les sénateur eux-mêmes des règlements intérieurs du grands corps dans le dossier Bélizaire.
Le parlementaire a également regretté que des collègues qui avaient aupravant demandé l’interpellation du ministre de l’intérieur, décident de faire marche-arrière, cela, fait-il remarquer, en pleine séance, alors qu’ils auraient dû le faire 24 heures avant.
Pour sa part, la chambre des députés pourrait mettre sur pied une commission d’enquête sur le dossier Bélizaire. Une correspondance a été en ce sens acheminée au bureau du président de la ladite chambre, Sorel Jacinthe.
"Refusant de jouer la victime spectatrice et passive de l’arrestation d’un collègue, les députés veulent mettre sur pied cette commission dont le rapport serait présenté à la prochaine rentrée parlementaire de janvier prochain", a fait savoir le.vice-président de la chambre basse. Ronald Larêche estime estrêmemeet grave que des membres du gouvernement se soient mis à planifier des violations de la constitution.
Le parlementaire a prévenu que la démarche de la chambre n’aura rien à voir avec des eccès de pouvoir, soulignant que les députés agiront conformément à la constitution.
Le president de la chambre Sorel jacinthe a salué le travail de la commission sénatoriale. Il s'est déclaré satisfait mais pas à 100%. "C'est un bon premier pas", a-t-il dit.
Il a souligné que la séance du 22 novembre a provoqué beaucoup de débats et c’est justement dans le dialogue qu’on pourra résoudre la crise et avancer.
"La démission de Josué Pierre Louis, désormais ex-ministre de la justice, prouve que le gouvernement reconnait ses exagérations, a-t-il dit, ajoutnat que d’autres mesures en ce sens devraient également être prises.


