Au bout du compte, Haïti périt faute de connaissance

Écrit par Jean Willio Patrick Chrispin, Le National, publié le 25 février 2022 

Que vaut la politologie haïtienne ? Peut-on parler de science politique en Haïti? 

Si la science politique est la connaissance descriptive, explicative et prospective des phénomènes concernant l'État, son organisation, son mode de fonctionnement et de gestion. Les dirigeants politiques haïtiens de leur psychose hallucinatoire chronique ont désintingré et désarticulé la mission politique de l'organisation de l'État au bon fonctionnement de la société dans l'intérêt commun et collectif des citoyens et des citoyennes. 

Celui qui se dévoue entièrement aux difficultés politiques, économiques et sociales du peuple haïtien, mais bien parce qu'il croit sincèrement en une nouvelle Haïti stable où tout ne serait que concorde et qu'harmonie qu'il s'engage à revendiquer le rétablissement de l'ordre constitutionnel qui a été rompu par l'organisation expresse ordonnée des élections générales pour constituer et renouveler à bon escient le personnel politique. 

L'étude de phénomènes sociopolitiques haïtiens est-elle soutenable et comptable de méthodologies et de la théorie d'effectivité du pouvoir. Comme le seraient, par exemple, les normes et les principes de la bonne gouvernance? S'agit-il, ce faisant, d'expliquer, d'analyser ou de comprendre qui dirige vraiment le pays? Qui gouverne réellement Haïti? 

Qui administre la nation? 

Plutôt que toujours intellectualiser et théoriser l'analyse de conduites stratégiques du pouvoir de facto, de la classe politique et de la société civile. 

L'on comprendra très bien que dans le cadre de théorie de la constitution formelle que le pouvoir exécutif actuel en Haïti est un pouvoir politique de fait qui ne jouit et ne bénéficie aucune vraiment aucune légalité constitutionnelle et aucune légitimité populaire. Fort de cela, les conditions sine qua non ne sont pas constitutionnellement réunies pour le gouvernement. 

Au constat des faits, l'ordre constitutionnel haïtien est catégoriquement rompu. Dont l'application malhonnête et intentionnelle de l'article 149 de la constitution de 1987 implicitement et involon-tairement mise en veilleuse, est le fruit de pure malhonnêteté intellectuelle qui représente le désir politique insatiable de se torturer l'esprit de la constitution avec des raisonnements d'analyse fallacieuse et intéressée de la communauté internationale qui ne mènent qu'à l'instabilité politique et à la destabilisation sociétale. 

Il faut dire, en toute objectivité, que la subjectivité, l'insincérité et la mauvaise foi des pays dits amis d'Haïti ont savamment contribué à la décente aux enfers du peuple haïtien. Ils ont tout fait pour écarter et empêcher le savoir à la magistrature de l'État haïtien et dans les grandes fonctions républicaines et régaliennes de l'État. Ils ont toujours soutenu, aidé, toléré, supporté et encouragé l'ignorance au pouvoir en Haïti. Ils font pratiquement tout pour neutraliser les élites haïtiennes et décourager l'intelligencia haïtienne à rester en Haïti. 

Sont-ils vraiment de bons amis du peuple haïtien? 

L'histoire les jugera et aura toujours donné raison à nos ancêtres! 

En sage, qu'on suppose que le constitutionnel puisse être établi et fondé en dehors de toute intentionnalité politique du respect de la charte fondamentale par tous les acteurs sociaux et les protagonistes politiques. 

En ce sens,il conviendrait au gouvernement d'Ariel Henry de comprendre intelligiblement qu'en règle générale, la constitution matérielle ne s'ajuste et ne s'accorde pas tout à fait avec la constitution formelle. Donc, il est nettement inadmissible, inconcevable et impossible pour le gouvernement de fait de monter une assemblée constituante et d'enclancher aucune réforme constitutionnelle. 

Comprendre la conjoncture politique, c'est saisir le sens de la politique. 

Il faut insister sur le fait dont Haïti a besoin et nécessite immédiatement un pouvoir exécutif de transition pour gérer, gouverner,administrer, sécuriser le pays et organiser les élections générales dans un délai politique réfléchi et raisonnable pour rétablir l'ordre constitutionnel. Aujourd'hui, Haïti est dans l'anarchie totale et la plus complète. 

L'anarchie politique absolue, l'anarchie sociale absolue, l'anarchie économique absolue,l'anarchie institutionnelle, l'anarchie culturelle, l'anarchie écologique et environnementale. 

Nous devons comprendre fortement bien que l'anarchie est l'abus de la démocratie. L'anarchie est partout en Haïti. Car,les responsabilités institutionnelles de l'autorité de l'État ne sont nulle part. 

S'il n'y a pas d'organisation de l'État, la bonne gouvernance de l'administration publique, l'anarchie aura toujours lieu pour déconstruire les fondements de l'État et de la démocratie. Pour y remédier, le Premier ministre de fait docteur Ariel Henry doit avoir une élucidation politique conceptuelle de la réalité factuelle du tandem théorie de l'état d'exception et théorie des circonstances exceptionnelles. 

Pour s'en convaincre, il est évident que le Premier ministre Ariel Henry se soit agi comme chef et s'affirme de son pouvoir d'effectivité pour mieux agir en marge des règles normales de la légalité. 

Le Premier ministre se doit de garantir une solution politique inclusive par la prise consensuelle des décisions et des mesures politiques exceptionnelles. 

Le Premier ministre de fait Ariel Henry peut bénéficier d'une immunité conjoncturelle pour des raisons essentiellement d'opportunité politique. 

Haïti est pleinement et entièrement en crise politique chronique et en crise sociétale absolue. Par voie de conséquence, le gouvernement de fait peut digresser des compétences constitutionnelles et des compétences légales. 

De par mes approches réflexives,je voudrais montrer néanmoins que la bataille politique qui se fait et s'opère en Haïti n'est autre qu'une lutte politique pour la prise du pouvoir au détriment même des intérêts du peuple haïtien par les groupes claniques du pouvoir de facto, de l'opposition et de la société civile. 

Ce disant, le peuple haïtien n'a et ne dispose aucun leader politiquement franc,honnête et sincère qui assure et défend ses droits civils,sociaux,politiques et économiques. Ils sont tous des opportunistes qui s'en servent du peuple haïtien comme tremplin,balustrade, marchepied pour régler leurs propres affaires et s'enrichir illicitement au détriment du pays et de la nation. 

Dans ces inégalités, le peuple haïtien souffre beaucoup et paie les frais de l'ignorance et de l'incompétence des dirigeants haïtiens de tous les et de toutes les époques. La malhonnêteté intentionnelle de nos dirigeants et de nos acteurs politiques et sociaux met et plonge Haïti dans l'effondrement social et économique. 

L'instabilité politique et sociale que connaît et vit le pays est la résultante de la mauvaise gestion et la répartition inégale des ressources. 

La mauvaise gestion de l'administration accroît et augmente la violence politique et le mécon-tentement social. La mauvaise gouvernance favorise les activités criminelles,le banditisme accéléré,l'insécurité galopante, la gangstérisation élargie, le kidnapping, les activités illicites, l'injustice et l'impunité. 

Si jamais rien n'y est fait rapidement pour juguler la situation, les manifestations politiques et sociales provoqueront des émeutes de la faim et renverseront la situation par la mobilisation populaire à un carrefour d'histoire de la conscience citoyenne solidaire et révoltée de l'haïtien authentique et fondamental pour protéger et sauvegarder la nation. 

Haïti est un pays politiquement divisé et socialement fragmenté.Haïti a du mal à rétablir l'ordre constitutionnel et à restaurer l'autorité de l'État nation. 

Le kidnapping,la criminalité généralisée,les bandits,les gangs découragent les investissements en Haïti, pénalisent la croissance du pays,appauvrissent davantage la population, forment plus de ghettos dans le pays et de zones marginales à pauvreté extrême. 

La pauvreté se transmet de famille en famille et de génération en génération,selon un cercle égocentrique et raciste d'inégalités économiques persistantes et d'exclusion sociale.