Au moins sept écoles de Port-au-Prince contraintes de payer les gangs en échange de leur sécurité, déplore l’Unicef

Par Alter Presse, Haïti, publié le 3 novembre 2021 

Au moins sept (7) écoles de Port-au-Prince ont été contraintes de payer les gangs en échange de leur sécurité, ces deux derniers mois, dénonce le Fonds des Nations unies pour l’enfance (Unicef), dans un communiqué, en date du mardi 2 novembre 2021, transmis à l’agence en ligne AlterPresse. 

Le montant d’argent, demandé par les groupes criminels, équivaut généralement aux frais de scolarité de trois élèves par classe, relève l’Unicef. 

Le Fonds des Nations unies pour l’enfance souligne combien les enfants dans les salles de classe des zones urbaines sont devenus de plus en plus la cible de vols ou de rançons, dans un contexte de recrudescence de la violence et d’instabilité politique en Haïti. 

Le samedi 30 octobre 2021, des individus armés ont tué par balles un parent et blessé plusieurs autres personnes, dont une élève et un agent de sécurité, sur la cour même du Collège congréganiste Saint-Louis de Bourdon (à Port-au-Prince), lors d’une tentative de vol. 

Le parent est décédé des suites de ses blessures et les autres victimes ont été transportées à l’hôpital. 

Tout en exhortant tout le monde à respecter les établissements scolaires, l’Unicef appelle les autorités en Haïti à assurer la sécurité dans et autour des écoles, et à prendre des mesures fermes pour lutter contre la violence des gangs contre les enfants, qui les affecte physiquement et émotionnellement. 

« Dans les zones contrôlées par les gangs, les directrices/directeurs d’école et les enseignantes/enseignants sont constamment menacés : soit ils acceptent de payer, soit ils risquent d’être attaqués la nuit. Dans beaucoup trop de communautés à travers le pays, la peur entrave l’apprentissage. Les gangs transforment les lieux d’apprentissage en théâtres de violence », a déclaré Jean Gough (de nationalité hondurienne), directrice régionale de l’Unicef pour l’Amérique latine et les Caraïbes. 

« En Haïti aujourd’hui, chaque enfant, laissé en dehors de la classe, est une recrue potentielle pour les gangs de demain », met-elle en garde. 

Cette année, l’augmentation de la criminalité des gangs a encore limité l’accès aux écoles et empêché des centaines d’enfants de commencer ou de reprendre leurs études, signale l’Unicef. 

Ces violences armées, notamment à Port-au-Prince et dans ses environs, ont déjà forcé plus de 19 mille personnes à fuir leur foyer et des milliers d’enfants à interrompre leurs études, alors que, durant l’année scolaire 2019-2020, environ 60% de toutes les écoles haïtiennes ont été fermées, pendant 60 jours, pour des raisons de confinement. 

Plus de 230 mille enfants risquent d’abandonner l’école dans les départements du grand Sud d’Haïti (Sud, Grande Anse et Nippes/Sud-Ouest d’Haïti), violemment secoués dans le tremblement de terre du samedi 14 août 2021, prévient l’Unicef.