Aux armes GNBistes affadis! Formez vos bataillons

Aux armes GNBistes affadis! Formez vos bataillons

« Sou chak 5000 entelektyèl
4900 nan komokyèl Oun bann tyoul ki san ren k san fyèl Fè mès pou meriken rantre Vin pran peyi mèsi mouche» Manno Charlemagne

Haiti Liberté,édition du 2 au 8 Novembre 2011

Par Fanfan La Tulipe--On s’en souvient. Le mercredi 1er octobre 2003, des intellectuelselles, artistes et éducateurs-trices haïtiens-ennes regroupés en un truc pompeusement baptisé «Collectif du NON» faisaient paraître une pétition dans laquelle ils annonçaient effrontément qu’ils se démarquaient des célébrations officielles du bicentenaire d’Haïti, sous le fallacieux prétexte que «le gouvernement [d’Aristide] ne vise qu’à rechercher une impossible légitimité» et que «ce gouvernement travaille aujourd’hui à canaliser toute l’attention de la communauté internationale et des personnalités étrangères intéressées par le Bicentenaire vers une campagne de propagande [...] ». Lors, il n’était question que de «séduction du pouvoir tyrannique établi actuellement en Haïti», de «légitimation d’un pouvoir usurpé et reconnu aujourd’hui comme despotique et totalitaire».

On se rappelle aussi que lors des élections du 16 décembre 1990, les candidats qui éventuellement allaient devenir les GNBistes de 2002-2004 avaient réalisé des scores dérisoires, et même misérables : 14.22% pour Bazin, 4.88% pour Déjoie, 3% pour Sylvio Claude, les autres se situant au-dessous de 2% sauf bien entendu Aristide (67.48%). En décembre
1995, Léon Jeune et Victor Benoît du KONAKOM n’avaient recueilli que
2.5% et 2.3% des suffrages, respectivement, très loin derrière Préval
(87.9%).

Alors, en 2000 ne voulant pas faire face à une nouvelle humiliation électorale et peut-être poussés par «le laboratoire», ces aloufa du pouvoir ont décidé de boycotter les élections en 2000 de façon à délégitimer un pouvoir Lavalas certain de gagner aux urnes ; pouvoir qu’une certaine propagande allait faire passer pour le régime d’un «parti unique». Non ! il n’y a pas eu de «pouvoir usurpé» encore moins d’«impossible légitimité». Sans doute il y a eu des dérives du pouvoir Lavalas, mais était-ce une raison suffisante pour boycotter ce glorieux anniversaire, bicentenaire, de notre Indépendance ? Non, assurément.

Voilà qu’en novembre 2010 des élections malatchong ont eu lieu qui ont été une véritable mascarade entachée d’ailleurs d’exclusion. On peut se rappeler qu’au premier tour le CEP accordait 336.878 votes à Mme Myrlande Manigat, première au classement, tandis que Michel Martelly n’en recevait que 234.617, deuxième au classement. Au second tour on a vu les votes de Martelly passer brusquement et de façon ahurissante à
716.986, alors que le score de la candidate du RDNP baissait drastiquement à 336.747, soit 131 votes de moins. Un résultat de deuxième tour qui ne faisait absolument aucun sens. Pourtant, les intellectuels-elles, artistes et éducateurs-trices haïtiensennes du «Collectif NON» et leurs pareils GNBistes n’ont jamais crié à l’illégitimité d’un pouvoir qui a déjà commencé à montrer ses incisives et canines duvaliéristes avec des molaires roro-nelsoniennes.

De 2002 à 2004, il était question de «pouvoir totalitaire», de «dérive totalitaire». Pourtant, à notre connaissance aucun des signataires du «NON» n’avait été bastonné, embastillé ou contraint à l’exil. A notre connaissance, il n’y avait pas eu de Leslie Manigat emprisonné et humilié. Mme Manigat n’a pas connu, Dieu merci, le sort de Mme Rimpel. Evans Paul n’a pas été présenté à la télé le visage bouffi d’oedème et ensanglanté après avoir été lâchement torturé par les sbires de Prosper Avril. Paul Denis, Micha Gaillard, Michèle Pierre-Louis, Jean-Claude Bajeux, Anthony Barbier, Magalie Comeau-Denis, Himmler Rébu, Marie-Denise Claude, Victor Benoît, Lyonel Trouillot, Michel Soukar et tous les autres ténors du GNBisme ont eu toutes les latitudes de dénoncer à la radio les «dérives totalitaires » du régime Lavalas et n’ont pas perdu un seul de leurs cheveux. Surtout, jamais personne n’est «entré dans leur mère».

Aujourd’hui, ce ne sont pas les dérives qui manquent du côté du pouvoir martellyste, dont la dernière en date est l’arrestation préméditée et rocambolesque d’un parlementaire en exercice, couvert de ses immunités, revenant d’une mission au bénéfice du pays et muni d’un passeport diplomatique. On n’a pas encore entendu nos intellectuels, artistes et éducateurs et leurs pareils GNBistes élever la voix pour dénoncer cette dernière dérive du pouvoir, pour dénoncer le comportement macoute du ministre de l’Intérieur, de la Défense et des collectivités territoriales qui a eu la brutale arrogance, lui et ses anges gardiens, de frapper des employés de l’aéroport et des policiers en service, même d’arracher leur badge à des agents aéroportuaires.

Aux armes ! GNBIstes affadis, refroidis, défraîchis, défranchis, déconfits, décrépits, dekati, dekrenmen, formez vos bataillons, vous qui n’avez pas connu la prison sous le «régime totalitaire» Lavalas, vous qui aviez l’opportunité de vous exprimer librement et qui n’avez pas disparu comme Lovinsky Pierre-Antoine, vous qui manifestiez sans vous faire bastonner, gazer, embastiller ou fortdimancher. Voyez comme Martelly fait des siennes et nul ne sait quand l’un d’entre vous sera victime des bouffées d’intolérance despotique de l’apprenti dictateur Micky. Ne trouvez- vous pas que la théâtrale arrestation du député Arnel Bélizaire «ne constitue aujourd’hui qu’une tentative désespérée du pouvoir pour faire diversion par rapport à ses propres responsabilités et trouver un bouc émissaire en couverture à son échec» de n’avoir jusqu’à présent rien fait pour commencer à satisfaire les victimes du tremblement de terre croupissant sous les tentes dans ces espaces d’enfer qu’ils occupent depuis déjà plus d’un an ?

N’oubliez pas, intellectuels, artistes, éducateurs-trices et autres GNBistes kanni, l’animal a déjà annoncé : «Vous n’avez encore rien vu, ce président va être cynique». Oui, il pue le cynisme. Alors qu’il allait prendre l’avion à destination des Etats-Unis, juste avant l’arrestation de Bélizaire, il demandait à son entourage rapproché, les exécuteurs de ses basses oeuvres, de s’assurer de l’arrestation du parlementaire et de lui faire voir sa photo au moment de son admission au Pénitencier national. Si ce n’est pas du cynisme, c’est quoi alors ? On s’attend à ce que le consortium GNBisant de la société haïtienne se démarque nettement et clairement de cette «dérive totalitaire » martellyste, et ne s’associe pas à ce cynique tolalito du pouvoir. Et comme en 2002-2004 qu’elle dise, à bon droit cette fois : « Ne pas nous associer au gouvernement, ce n’est pas nous opposer à l’unité haïtienne, c’est au contraire la défendre ».

«Le malheur peut vous arriver, si vous n’êtes pas droits et si vous vous mettez sur mon chemin », ma parole ! C’est ce qu’a dit Martelly, à l’opposition en général, aux journalistes en particulier. «Mwen tande ou gen grenn, pwouve m sa la a, mwen fè w pa sòti vivan nan palè a», c’est ce qu’a eu à dire Martelly au député Arnel Bélizaire au Palais national lors d’une prise de gueule Croix-des-Bossalienne. A-t-on jamais entendu de tels propos dans la bouche de l’ancien chef d’Etat Lavalas ? Propos menaçants ou orduriers, il est grand temps pour ces ardents défenseurs auto-déclarés du droit et de la démocratie, ces déstabilisateurs de gouvernement élu, de prôner à nouveau ce qu’à cette époque de bouleversements, entretenus par des forces occultes extérieures, ils claironnaient comme «valeurs fondatrices de liberté, d’égalité et de respect de la personne humaine».

Aux armes, GNBistes dekati ! Le feu d’une dictature presque annoncée menace de consumer les acquis démocratiques pour lesquels le peuple haïtien a tant lutté depuis 1986 et même avant. Je vous interpelle, partis politiques-poids plume, vous qui n’arrivez même pas à atteindre la barre des 5% aux élections. Je vous interpelle partis politiques san dan devan, partis politiques zo bouke chen, partis politiques bèkèkè faits de petits crétins san nannan et dirigés par des crétinoïdes, vous qui avez descendu vos pantalons et fait bec à terre lors des élections du 28 novembre 2010, pour avoir permis à l’ignare et grossier Sweet Micky, cet «ex-chanteur populaire aux frasques décapants et aux propos obscènes» (dixit Roberson Alphonse du Nouvelliste) de vous couper l’herbe électorale sous les pieds et de vous mystifier avec la complicité de ti blan mannan kase kòd nan batiman pouvwa yo.

J’en appelle à vous politiciens dyòl bòkyè de la dite Plate-forme démocratique, vous qui hier, en 2003, formiez une «coalition [d’opposition] ambiguë et intransigeante...et [n’avez] jamais exprimé la plus modeste revendication sociale», selon Maurice Lemoine, journaliste et rédacteur en chef du Monde diplomatique; vous qui aviez entretenu les conditions de déstabilisations du gouvernement Lavalas, encouragés, stipendiés peut-être, «en sous-main, [par] le sous-secrétaire d’Etat pour l’Amérique latine, l’ultraconservateur Roger Noriega, et la CIA [qui] n’entendent pas perdre le contrôle de la situation », selon encore M. Lemoine, formez vos bataillons, regonflez vos graines, raffermissez vos culs pour faire face à un pouvoir qui s’annonce dictatorial, cynique, totalitaire, sur fond de pratiques obscènes et asociales.

GNBistes débandés par les bacoulouteries de Préval, rebandezvous, regrainez vos bounda, formez vos bataillons ! Allez-y ! Action coopérative pour construire Haïti (KONBA), konbattez la dictature. Action démocratique pour bâtir Haïti (ADHEBA), on ne peut bâtir la démocratie avec un pouvoir bâtard. Alyans/ Kovansyon Inite Demokratik (KID), il n’y a pas d’alliance avec le diable. Latibonit an Aksyon (LAAA), actionnez les leviers d’une véritable action mobilisatrice. Mouvement chrétien pour une nouvelle Haïti (MOCHRENA), priez fort le Dieu des Armées. Mouvement pour la reconstruction nationale (MRN), ressuscitez Vladimir Ilitch René Théodore. Organisation du peuple en lutte (OPL), ne faites pas semblant de lutter, luttez pour de vrai, contre un pouvoir à relent «totalitaire». Rassemblement des démocrates nationalistes et progressistes (RDNP), rassemblezvous mieux, menm si nou dèyè nou dèyè nèt. Regwoupman sitwayen pou espwa, (Respè), forcez le pouvoir à respecter les libertés individuelles et parlementaires, et faites aussi votre respect.

Mouvement des Kazwèl Réunis
(MOKARE), Plateforme des Vivi Dan Griyen (PVDG), Coalition des Kokobés Mal Unis (CKMU), Front des Aloufa Toupare (FDAT), Konbit Ti Konkonm ak Berejenn (KTKB), Mobilisation Politicienne Nationale Degrenngòch (MOPONADE), Association des Paresseux en Attente de Djòb Minis (APADM), Azizwèl en action (AZAC), Komokyèl san lonè
(KOSALO), Militaires nostalgiques de 1915 (MN19), Grenn Zaboka, Sèvi Zòrye, Anba Latcha, et autres Grenn nan Bounda avec encore un peu de turgescence déstabilisatrice, soyez vigilants, la patrie est en danger, la démocratie est menacée par les sautes d’humeur d’un président sans manière, gwo soulye. Formez vos bataillons!

Hier, des journalistes en mal de voir les bateaux-mouches sur la Seine et l’agitation estudiantine sur Boul Mich, des étudiants déclassés, en mal de «frottement» avec les bourgeois de Péguy Ville gagnaient les rangs GNBistes après s’être vus octroyer des visas, des bourses d’études, et même du «vert washingtonien» par les agents externes de la déstabilisation, alimentant la propagande mensongère du «Collectif NON» qu’ils avaient été forcés à l’exil (sans jamais citer un seul nom d’«exilés»).

Aujourd’hui, après les «Sweet» menaces non voilées de l’amer Micky, faites attention intellectuels-elles en attente de Goncourt, artistes de bonne famille et de moeurs non encore corrompus, éducateurs-trices soucieuxses du respect dû à vos filles, chefs et membres frileux de partis incapables de passer la barre des 0.7% et atteignant parfois un score de 5% , journalistes aux aguets de la vérité en chat pent, éléments de la société civile à la dérive ballotés par des sentiments contraires, étudiants intéressés à défendre les acquis démocratiques, organisations des droits humains capables de neutralité d’esprit, formez vos bataillons pour endiguer une dictature naissante.

Il y va du maintien des acquis de nos luttes pour la démocratie, du respect de la dignité humaine, et surtout de l’honneur de vos mères.

http://www.haiti-liberte.com