Criminalité : « Les Etats-Unis, chefs de file de l’instabilité en Haïti »

Par Alter Presse, Haïti, publié 1er octobre 2021 

« Le gouvernement américain a une grande responsabilité dans la situation, qui règne actuellement dans le pays, notamment au niveau sécuritaire », critique un protestataire, lors du sit-in organisé ce jeudi 30 septembre 2021, devant l’Ambassade américaine, à Tabarre (nord-est de la capitale), a observé l’agence en ligne AlterPresse. 

Les États-Unis sont les chefs de file de l’instabilité en Haïti. Ils ont instauré la misère, les gangs, le kidnapping, le viol et le vol des ressources et des réserves du pays, pour forcer les Haïtiennes et Haïtiens à se disperser. 

C’est ce qu’a dénoncé un membre du Mouvement de liberté, d’égalité des Haïtiens et de la fraternité (Moleghaf), lors du rassemblement du 30 septembre 2021, date marquant le 30e anniversaire du Coup d’État militaire, orchestré contre le président Jean Bertrand Aristide, le 30 septembre 1991. 

« Non au racisme, non à l’Impérialisme ! Vive une Haïti souveraine », ont scandé les protestations accompagnés d’un groupe musical traditionnel rara. 

Quelques heures après, le sit-in a été dispersé à coups de gaz lacrymogènes par des agents de la police nationale. 

Cette situation a provoqué de la panique dans la zone, obligeant les automobilistes sur place à rebrousser chemin. 

Après les moments de tension, les protestataires ont repris le mouvement pour continuer de faire passer leurs revendications. 

Ce sit-in a été lancé par diverses organisations socio-politiques, notamment le Moleghaf, le regroupement Konbit òganizasyon politik, sendikal ak popilè yo et le mouvement Nou se Dorval, pour condamner l’ingérence américaine dans les affaires internes d’Haïti. 

Le rassemblement visait également à dénoncer les mauvais traitements, infligés aux migrantes et migrants haïtiens expulsés du Texas, aux États-Unis d’Amérique. 

Depuis le début des expulsions massives, le dimanche 19 septembre, 4, 960 migrantes et migrants haïtiens, dont 3, 347 à Port-au-Prince et 1, 613 au Cap Haïtien, ont été envoyés en Haïti par les autorités américaines, indique la plateforme Groupe d’appui aux rapatriés et réfugiés (Garr). 

Le mercredi 29 septembre 2021, 70 migrants haïtiens, dont dont 41 hommes, 16 femmes et 13 enfants, ont été rapatriés par le Mexique, vers Port-au-Prince, à bord du premier vol humanitaire, en provenance de la ville de Villahermosa, a informé la plateforme Garr. 

« Ces réfugiés sont partis se réfugier aux États-Unis, parce qu’ils estiment que ce pays a volé leur bien-être, leur liberté, leur sécurité, leur droit aux loisirs », soutient Me. Iswick Théophin du Moleghaf. 

Les États-Unis ont transformé Haïti en un espace invivable, s’indigne-t-il.