Crise : Deux journées de mobilisations annoncées, les 1er et 2 mai 2021, contre la criminalité en Haïti

Par Alter Presse, Haïti, publié le 29 avril 2021 

A l’occasion de la fête du travail et de l’agriculture, aura lieu, les samedi 1er et dimanche 2 mai 2021, une marche contre la criminalité et le projet de référendum inconstitutionnel et illégal du président de facto Jovenel Moïse, projettent es organisations syndicales, comme Antèn ouvriye Ayiti et la Confédération des travailleuses et travailleurs haïtiens (Cth), en conférence de presse, ce jeudi 29 avril 2021, à laquelle a assisté l’agence en ligne AlterPresse. 

La Société nationale des parcs industriels (Sonapi) et le carrefour des routes de Delmas et de l’aéroport international de Port-au-Prince sont les deux points de rassemblement, retenus pour cette mobilisation visant aussi à exiger le respect des droits des travailleuses et travailleurs. 

La marche devrait parcourir l’Avenue John Brown, communément appelée « Lalue », pour aboutir au Champ de Mars (principal parc de places publiques à Port-au-Prrince), où un message sera délivré, annonce Lominy Edmond, secrétaire général d’Antèn ouvriye Ayiti. 

« Depuis 10 ans qu’ils sont au pouvoir, le régime du Parti haïtien tèt kale (Phtk), ses alliés et l’impérialisme international ont provoqué, dans le pays, un retour en arrière de plus de 50 ans. Ils ont détruit toutes les institutions, les ressources du pays et mis au plus bas niveau la production agricole », déplore Antèn ouvriye Ayiti. 

« Avec cette entreprise de kidnapping, que Phtk a mis sur pied, plusieurs familles se sont appauvries. Les victimes et leurs familles ont de gros problèmes psychologiques ». 

L’organisation syndicale appelle les ouvrières et ouvriers à se solidariser, pour dénoncer les actes d’exploitation, dont ils sont victimes, et empêcher Jovenel Moïse de réaliser son référendum inconstitutionnel et illegal, prévu pour le 27 juin 2021, contre l’avis des forces vives du pays. 

Pour sa part, la Cth dénonce la répression, exercée contre les syndicalistes dans des entreprises publiques et privées. 

« Ils continuent de révoquer des gens pour leur appartenance syndicale. La répression est partout et sur toutes les formes en Haïti », condamne Yvelt Abmettre, secrétaire général de la Confédération des travailleuses et travailleurs haïtiens. 

Le climat de criminalité généralisée pousse plusieurs entreprises à fermer leurs portes ou réduire leurs personnels. Ce qui aggrave, de plus en plus, les conditions de vie des travailleuses et travailleurs, augmente le chômage et la misère dans le pays, souligne la Cth. 

En signe de solidarité avec les nombreuses victimes de kidnapping et leurs familles, plusieurs entreprises en Haïti avaient cessé de travailler, le jeudi 15 avril 2021, à l’appel des associations patronales du secteur privé des affaires. 

Pour protester contre les actes de criminalité, notamment le kidnapping, des mouvements de protestations ont eu lieu, le mercredi 28 avril 2021, dans plusieurs quartiers, au centre-ville de la capitale, Port-au-Prince. 

Enlevés, respectivement les samedi 24 avril et mardi 27 avril 2021, par des bandits armés, la professeure à la Faculté de médecine et de pharmacie (Fmp), Marie Josette Malvoisin, et l’étudiant en psychologie à la Faculté des sciences humaines (Fasch) de l’Université d’État d’Haïti (Ueh), Youri Valéry Léonard Dérival, sont encore (ce jeudi 29 avril 2021) entre les mains de leurs ravisseurs armés. 

Depuis le dimanche 11 avril 2021, le gang dénommé 400 Mawozo garde encore captifs plusieurs religieuses et religieux catholiques romains, sans aucune intervention de la police nationale.