Agence Haitienne de Presse, Port-au-Prince, 5 février
Le gouvenement haïtien devait au plus tard cette fin de semaine respecter son engagement constitutionel de renouveller le passeport diplomatique de l'ancien président Jean Bertrand Aristide, après de "multiples tergiversaions" particulièrement au niveau des ministères de l'Intérieur et des Affaires etrangères pourtant dirigés par deux anciens ministres d'Aristide.
L'AHP a appris que Me Ira Kurzban mandaté une nouvelle fois par l'ancien chef d'Etat, est à Port-au-prince depuis vendredi dans le cadre de la finalisation de ce dossier. Il devrait repartir avec le passeport pour aller le lui remettre en exil en Afrique du Sud où il vit avec sa famille, depuis son départ forcé le 29 fevrier 2004.
Ce problème aurait dû être résolu depuis la semaine dernière après l'envoi par l'avocat, nom du president Aristide, d'une lettre au Ministère des Affaires étrangères pour demander le renouvellement du passeport, mais les ministres de l'Interieur et des Affaires étrangères jugeaient cette pièce insuffisante et faisaient valoir de "pseudo raisons administratives", arguant que le président Aristide devrait en faire lui-même la demande.
Après avoir exigé qu'il aille au Benin pour produire la demande (bien qu'il ne dispose pas de passeport), le MAE indiquait finalement que M. Aristide pouvait scanner une lettre et l'envoyer par mail au Ministère.
Toutefois, au dernier conseil de gouvernement, plusieurs ministres jugeaient ces exigences farfelues et exigeaient que le passeport soit envoyé au president en exil pour qu'il revienne dans son pays, vu qu'il s'agit d'une exigence consitutionnel.
L'ancien président à vie Jean-Claude Duvalier est bien rentré et sans difficulté au pays le 16 janvier, mais pourquoi toutes ces mesquineries à l'égard du président Aristide, se sont indignés certains membres du gouvernement.
Plusieurs secteurs proches du gouvernement ont fait savoir dans le même sens que les déboires connus aujourd'hui par le président René Préval et son gouvernement sont dus en grande partie à l'hostilité envers l'ancien chef d'Etat et son oganisation politique "Fami Lavalas " qu'il fallait detruire à tout prix.
Le chef de l'Etat, n'ayant plus rien en main, selon ces secteurs, se démène pour rester au pouvoir jusqu'au 14 mai, comme dans une dernier sursaut d'orgueil et de fierté.


