Des arrestations illégales et arbitraires dénoncées

Des arrestations illégales et arbitraires dénoncées

Par Yves Pierre-Louis:Haiti Liberté

Édition de 13 au 19 Juillet

http://www.haiti-liberte.com/archives/volume4-52/Haiti_Liberte_Juillet_13_2011

Depuis l’arrivée de Michel Joseph Martelly à la tête du pays, le 14 mai 2011, la Police nationale d’Haïti et les soldats des forces d’occupation de l’ONU ne cessent de procéder à des arrestations illégales et arbitraires dans le pays. Les agents de la PNH sous les ordres des autorités civiles ont procédé à l’arrestation de militants politiques, de journalistes, de citoyens paisibles qui voulaient tout simplement servir leur pays d’une façon ou d’une autre.

C’est le cas du militant politique de longue date, l’Ingénieuragronome, Jean Paul Piner Duperval, président de l’Association des Vidangeurs métropolitains (AVIMET) arrêté arbitrairement et gardé en détention préventive depuis le mardi 14 juin 2011. Il a comparu pour la première fois devant un juge, 15 jours plus tard, le vendredi premier Juillet, alors que l’article 26 de la constitution haïtienne de 1987 en vigueur, stipule: “ Nul ne peut être maintenu en détention s’il n’a pas comparu dans les quarante-huit
(48) heures qui suivent son arrestation, par devant un juge appelé à statuer sur la légalité de l’arrestation et si ce juge n’a confirmé la détention par décision motivée.” Dans un résumé de la situation, l’agronome Duperval a fait savoir que c’était dans le cadre d’une ''Promesse de contrat pour la vidange, évacuation des excréta et nettoyage de trois cents cabines prioritaires ainsi qu’une avance de la moitié d’un contrat ( des Nations-Unies) d’extraction d’environ mille huit cents (1800) drums de cinquantecinq gallons et le nettoyage de trente six (36) latrines gérées par une ONG international, l’association des Vidangeurs métropolitains se proposait d’évacuer quarante (40) drums en deux (2) voyages au site officiel de décharge à Truitier.''

Lors du premier voyage, le mardi 7 Juin 2011, des erreurs de parcours ont été commises par des vidangeurs. Le camion chargé s’était donc retrouvé embourbé dans un marécage dans les environs de la plaine du Cul-de-Sac et des drums réservés au second voyage ce jourlà se trouvaient [encore] au Canapé- Vert. Le samedi 11 Juin la Police a interpellé 4 vidangeurs vers cinq (5) heures du matin sur la route de Canapé- Vert. Ils ont avoué qu’ils travaillaient pour l’agronome Duperval. Le mardi 14 Juin, à 5 heures du matin, un commissaire du gouvernement a effectué une descente des lieux à la résidence de Jean Paul Duperval, et a procédé à son arrestation. Quant aux 4 autres vidangeurs, ils sont incarcérés au Pénitencier National, accusés d’association de malfaiteurs.

L’agronome Duperval a fait appel à la solidarité agissante de toutes les forces progressistes et morales d’Haïti et du monde civilisé au cas oú à cause d’intérêts inavoués et inavouables, des politiciens mal intentionnés tenteraient d’abuser de leurs pouvoirs pour garder les travailleurs en détention préventive.

Par ailleurs, à Petit-Goâve, au Sud du département de l'Ouest,deux journalistes, propriétaires de la radio Prévention et animateurs de l’émission appellée ''les on dit'', Ernst Joseph et Wolf Duralph François ont été arrêtés le mercredi 22 juin dernier, par le commissaire du gouvernement près le Tribunal de Première Instance de la juridiction. Me Alix Civil. Les prétendues charges retenues contre les journalistes sont: diffamation, trouble de l’ordre public et bris de bien publics.

Sur plainte du maire de Petit- Goâve, Justal Ronald et d’autres notables de la ville, les deux journalistes ont été invités au Parquet de Petit-Goâve, le 22 juin 2011 pour répondre aux questions relatives à des informations et opinions émises au cours de leurs émissions diffusées sur les ondes de cette station. Au moment de l’audition, deux groupes de sympathisants qui accompagnaient respectivement les journalistes et la maire de la ville au tribunal se sont affrontés devant le Parquet. Des jets de pierres ont été lancés des deux côtés contre les locaux du Parquet, plusieurs personnes ont été blessées. C’est alors que le commissaire du gouvernement, Alix Civil, a ordonné l’arrestation des deux journalistes qui se trouvaient dans son bureau.

Selon le Secrétaire général de SOS journalistes, Joseph Guyler C. Delva, le commissaire du gouvernement, Me Alix Civil [stabilise] les journalistes des actes de violence commis par des individus qui se sont affrontés devant le Parquet. Il a en outre indiqué que le juge de paix, Me Léandre, a également procédé à la fermeture de la station, posé des scellés le même jour sur les locaux de la station, emporté des matériels dans un véhicule de la Police. Depuis lors, les deux journalistes ont été transférés au commissariat de Police de Carrefour, où ils ont été détenus injustement. Des voix s’élèvent tant en Haiti qu’à l’étranger, exigeant la libération immédiate des journalistes incarcérés pour leurs opinions.

Outre des arrestations illégales et arbitraires, des cas de tortures ont été relevées dans différents centres de détentions et prison du pays. Le cas le plus émouvant et qui soulève la conscience du grand public est celui de Serge Démosthène alias Tizouzou a succombé sous des actes de torture au commissariat de Pétion- Ville le mardi 14 Juin 2011. Son corps contusionné et ensanglanté a été retrouvé le même jour après son arrestation à la morgue de l’Hôpital de l’Université d’Etat d’Haïti
(HUEH). Selon les informations, qui circulent à Port-au-Prince, la scène de torture au commissariat de Police de Pétion-Ville, s’est déroulée en présence des autorités policières et judiciaires. Cet acte de barbarie est contraire à l’établissement d’un Etat de droit et à la liberté individuelle et rappelle étrangement les agissements horrifiants du régime sanguinaire des Duvalier.

Les autorités concernées se doivent de prendre les mesures nécessaires, ce avec célérité et efficacité. Que les enquêtes finissent par aboutir !