Dirigeants politiques et militants de droits humains sceptiques quant à la mission de l’OEA

Par Rezo Nodwes, Haïti, publié le 6 juin 2021 

Aucune avancée ne peut être espérée de la mission de l’Organisation des états américains (OEA) attendue à Port-au-Prince dans les prochaines heures. Les diplomates de l’organisation hémisphérique sont rattrapés par des expériences antérieures mitigées, anticipent Pierre Esperance (RNDDH), Génard Joseph (Vérité), Pierre Robert Auguste (GCG) 

Dimanche 6 juin 2021 ((rezonodwes.com)) - Les missions de l’OEA en Haïti sont dominées par des agendas communs  partagés entre le maintien du statu quo et l’obligation à l’opposition de composer avec l’Exécutif, a rappelé le directeur exécutif du RNDDH. 

De l’avis de Pierre Esperance, la visite de la délégation de l’OEA s’inscrit dans une dynamique de casser l’élan de la mobilisation anti-Jovenel et ouvrir la voie à une tentative de ramener les acteurs politiques autour d’une table dans la perspective de partage du gâteau. 

Lecture similaire du coordonnateur de la Génération du changement global (GCG). Pierre Robert Auguste, également chef de cabinet du président désigné Joseph Mécène Jean-Louis, met en avant les positions partisanes antérieures du secrétaire général de l’OEA, Luis Almagro en faveur du régime en place. Ces faits, selon le dirigeant politique, ne font que fragiliser toute initiative de dialogue pour une issue à la crise. 

Le coordonnateur général de la Plateforme politique Vérité, Génard Joseph, plus tranchant dans sa position, déclare faire peu cas du séjour de la délégation des commissaires de l’OEA à Port-au-Prince. 

Le responsable politique renouvelle l’attachement des organisations et partis regroupés au sein de la Direction politique de l’opposition démocratique (DIRPOD), au respect des dispositions 134-2 relatives à la fin du mandat constitutionnel de Jovenel Moïse. 

Les positions exprimées sur l’initiative de l’OEA de jouer les bons offices à la résolution de la crise sociopolitique convergent à une démarche stérile, sans perspective optimiste. Entre-temps, les gangs armés liés à la coalition de G-9 imposent le règne de la violence dans l’entrée Sud de la capitale. 

Des tirs à l’arme automatique, des déplacés désespérés, des rues de Martissant désertes, des files interminables de véhicules immobilisés à Carrefour, des malades de Coronavirus en difficulté résument la réalité intenable des centaines de familles. Parallèlement, le gouvernement de facto se terre dans un silence complice et pesant.