Empereur Jean-Jacques 1er:Le tabou des impérialistes

Dessalines un symbole oublié

Empereur Jean-Jacques 1er:Le tabou des impérialistes

Par Sandy LAROSE

Aujourd’hui notre chère Haïti souffre d’un cancer hors du commun. L’étiologie, c’est-à-dire la cause de ce mal endémique peut s’expliquer dans l’oubli de notre passé glorieux. L’oubli ou le mépris du passé d’une nation est à l’histoire ce que le cancer est au corps humain. Tout grand peuple à travers l’humanité connaît à un moment de la durée des déséquilibres de toutes sortes : Coup d’Etat, émeute, crise politique etc., mais ce qui est certain, on doit toujours se rappeler son passé pour mieux comprendre son présent et pour faire une meilleure projection de son futur. Car le futur n’est pas aussi incertain que l’on croit, quand on peut tirer l’avantage de ce que nous offre notre passé. Entre le passé et le futur d’un grand peuple, il n’y a qu’une minuscule filière qui les sépare, c’est la mémoire collective.

Dans ce contexte, ce qui nous diffère d’autres peuples qui ont une grande histoire comme la nôtre, c’est qu’ils honorent la mémoire de leurs ancêtres tout au long de leur histoire. Politiciens, scientifiques, intellectuels, les prolétaires etc. ont un devoir de mémoire envers ceux qui ont lutté pour leur indépendance ou leur libération.

Mais...pourquoi oublier Dessalines ? Dessalines, Héros de l’indépendance de la première république Noire du monde, est sujet de mépris et d’oubli, en gros c’est un tabou. Ce fait n’est pas inconscient dans le sens psychanalytique du terme, au contraire, il témoigne dans le sens classique d’une mauvaise foi de la classe dominante et de la classe dirigeante résolues à effacer notre Combattant de la Liberté dans la mémoire et dans l’histoire. Mais pourquoi tant de haine contre l’Empereur Jean Jacques
1er, ce génie de la liberté? Nombreuses sont les hypothèses autour de cette question brûlante.

L’origine de cette haine n’est pas si simple à comprendre, cela demande un petit effort psychologique du premier degré. Le premier effort implique qu’on puisse s’interroger ainsi : Qui était Dessalines ? Esclave nègre dans un premier temps puis libérateur et Empereur d’Haïti dans un second temps. Paradoxe qui dépasse l’entendement des colons. Et aujourd’hui encore, ce mystère persiste et se transforme en haine contre tous les descendants de ce demi-dieu. Ce passage du jour au lendemain de l’esclavage à la pleine liberté dérangeait les colons d’autrefois, et ceux qu’on pourrait appeler aujourd’hui la Communauté Internationale ou vulgairement « blan an ».

De tous les libérateurs, de Moïses à Spartacus, en passant par Washington, ou Simon Bolivar etc., Jean-Jacques Dessalines était le seul à avoir connu le goût amer de l’esclavage et qui a radicalement sans aucune négociation libéré son pays.

Comment un petit vulgaire nègre a-t-il pu défier la plus grande armée mondiale d’alors, celle de Napoléon Bonaparte ?

Même sur son lit de mort à Sainte-Hélène, Bonaparte confia à un de ses vieux amis: « la plus grande erreur que j’aie commise c’est de ne m’être pas entendu avec Toussaint Louverture, cela m’aurait évité le gifle de Dessalines ». Pas pour vénérer Toussaint, mais pour témoigner son échec en Haïti dû au génie incontestable de Dessalines. La gifle de 1803 n’était pas seulement contre l’armée française, mais contre tous les racistes et impérialistes de tous les coins de la terre...et dès lors Haïti commença à se faire des ennemis. Bien sûr, ennemis externes et ennemis internes. Mais, les plus dangereux des deux, c’étaient ceux au sein de la nation, la classe dominante
(les fils des colons) et certains intellectuels-outils, qui pour une raison refoulée dans un inconscient antipatriote naturel voulaient en finir avec Haïti.

Bingo ! La décision fut prise et la messe fut dite : ces apatrides sacrifient tous ce qui est de Dessalines, tous ce qui est réellement culturel et haïtien, tout ce qui est d’Afrique en somme. C’est la raison principale pour laquelle le tourisme haïtien n’a quasiment aucune destination dans l’Artibonite, qui devrait être sans condition un département historique et donc foncièrement touristique.

Le palliatif à ce cancer En 2011, il est plus qu’un impératif que les haïtiens prennent conscience que le salut ne vient ni d’Amérique ni de l’Europe, ni dans des plans génocidaires de soit disant développement fagoté. A ce que nous sachons, aucun développement ne peut être ni efficace ni durable quand il n’est pas pensé par des autochtones, des fils d’Haïti qui sont les seuls, qui puissent connaître ses propres besoins. Le développement durable dont nous en avons besoin ne doit aucunement trahir la mémoire de nos ancêtres, ni remettre en question leur valeur de génie et de symbole pour la jeunesse.

Ainsi nous pensons qu’il ne peut exister de grand peuple sans mémoire, sans histoire, ni légende. L’antidote à ce cancer qui ronge Haïti est dans une prise de conscience radicale de toutes les couches vives de la nation. Nous devons nous réveiller de ce sommeil de mort ! Lutter contre cette inertie impérialiste qui nous fige dans le sous développement moral, socioéconomique et psychologique. Revenons à la mémoire ! Songeons Dessalines et tous ceux qui ont donné leur vie pour la cause de ce peuple.

Célébrons Dessalines ! La constitution haïtienne de
1987, dans ses prérogatives donne à tout citoyen le plein droit de participer dans les décisions qui engagent la vie nationale. Ainsi, nous croyons qu’il est de bon ton de faire une proposition, si cela peut être utile à la société.

Ce mois d’octobre, que nous baptisons de fait, le mois de Dessalines. Nous invitons tous les secteurs de la vie nationale à réfléchir sur cette oeuvre immense du père fondateur de la nation ; l’indépendance d’Haïti ; et convions la jeunesse à la mémoire collective, à la participation citoyenne et enfin au style dessalinien de leadership : Tout par et pour le bonheur d’Haïti. Vive Haïti ! Vive la mémoire de nos ancêtres ! Vive Dessalines

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