Expulsion de 2 ex-sénateurs de l’INITE !
Par Isabelle L. Papillon,Haiti Liberté,le 5 Juin 2012
Par une résolution rendue publique le 25 mai 2012, les deux
(2) ex-sénateurs de l’ancienne plateforme électorale « Lespwa » : Joseph Lambert du Sud-Est et Kely C. Bastien du Nord ont été exclus de la nouvelle plateforme électorale dénommée : INITE, fondée d’un ramassis de différents membres de partis politiques de toutes tendances par l’ex-président René Préval. Le motif de cette expulsion est l’atteinte aux intérêts fondamentaux de l’organisation. Cette résolution fait directement suite au « woumble » de Mirebalais réalisé le 1er, 2 et 3 mars 2012. « En attendant de tirer au clair les récents positionnements des uns et des autres, il a paru nécessaire, opportun, impérieux de traiter définitivement le cas des sénateurs Joseph Lambert et Kély Bastien.
A ce sujet, il a été observé que ces deux parlementaires ont :
Cessé de participer aux réunions et activités de la Plateforme;
Coupé toute relation avec le Comité Exécutif ;
Pris, sur des questions politiques de la plus grande importance, des positions contraires aux orientations ou aux décisions dégagées par les instances supérieures de la Plateforme », lit-on dans la résolution.
Il est donc évident que ces membres portent délibérément atteinte aux intérêts fondamentaux de l’organisation.
Par ces causes et motifs, le Comité Exécutif de la plateforme INITE est parvenu à la conclusion que « les sénateurs Joseph Lambert et Kély C. Bastien ont perdu leur qualité de membres et, partant, les droits qui y sont attachés ». Les signataires de la résolution sont : Levaillant Louis-Jeune (Coordonnateur national, actuel président de la Chambre des députés) ; Jean Joseph Molière (Coordonnateur national adjoint, ex-ministre de la Santé et de l’Intérieur durant le premier mandat de René Préval,
1996-2001) ; Laurent Beaugé (Secrétaire général) ; Jean Gué (Secrétaire général adjoint) ; Paul Denis
(Grand conseiller, ex-ministre de la Justice au cours du second mandat de René Préval, 2006-2011) ; Paul Antoine Bien-Aimé (Grand conseiller, ex-ministre de l’Intérieur sous Préval, 2006-2011) ; Sorel Jacinthe (Porte-parole, député en fonction et ex-président de la Chambre des députés) ; Marjory Michel (Trésorière, ex-ministre de la Condition féminine sous Préval,
2006-2011) ; Gérald Germain (Coordonnateur à la formation, exministre des Affaires sociales durant les deux mandats de Préval) ; Marie Denise Claude (Coordonnateur à l’organisation) ; Rosemila Petit-Frère (Coordonnateur à la condition féminine) ; Aurore Lainé Belle-Fleur (Membre) ; Anthony Dumont (Membre) ; Dieudonne Saincy (Membre). Le nom de l’exministre chargé des relations avec le parlement, Joseph J. Jasmin
(Porte-parole) figure également au bas du document mais ne comporte pas sa signature.
Le directoire de l’INITE qui a un mandat pour transformer cette plateforme électorale en une organisation politique moderne a fait valoir une position de principe sur ce que doit être l’attitude que cette structure politique est en droit d’espérer de ces élus membres. Ils ont tout simplement cessé de participer aux réunions et activités de la plateforme ; ils ont interrompu toutes les relations avec le Comité exécutif et pris sur des questions politiques de la plus grande importance, des positions contraires aux orientations et aux décisions dégagées par les instances supérieures de la plateforme. Il est évident que ces membres portent délibérément atteinte aux intérêts fondamentaux de l’organisation.
Suite au « woumble » de Mirebalais au début du mois de mars dernier, les ex-sénateurs, Joseph Lambert et Kély C. Bastien avaient été élus respectivement grand conseiller aux affaires stratégiques et grand conseiller aux affaires de la jeunesse. Le premier représente une organisation régionale dénommée : Konbit Sidès et le second une organisation politique dénommée : ESCAMP/KOREGA et membre de l’ex-bloc anti-néolibéral a la Chambre des députés.
Il était clair que l’INITE ne participerait pas au gouvernement Martelly/Lamothe. A la suite de différentes rencontres, les dirigeants de l’INITE ont décliné toute forme de participation au gouvernement et toute offre qui leur était faite de participer à la nouvelle équipe Tèt Kale, Kale Tèt de Michel Martelly. « Nous leur avons expliqué que notre parti avait une orientation politique différente de celle de l’équipe actuelle, et que l’INITE ne désignera pas de représentant au gouvernement. On se démarque de tout poste, on veut servir le pays sans sa participation au gouvernement » a indiqué l’un des membres du directoire de l’INITE, Dieudinne Saincy. Cette décision a été prise à l’unanimité au sein du directoire de l’INITE. Il avait tenu à préciser que si un membre de cette plateforme était nommé au gouvernement, il s’agissait d’une initiative personnelle de laquelle INITE se démarque officiellement.
Alors que le grand conseiller pour les affaires stratégiques de l’INITE, l’ex-coordonnateur de cette plateforme, Joseph Lambert est actuellement nommé conseiller spécial du président Michel Martelly et prochain candidat Tèt Kale au Sénat, supporté par le président lui-même. Kély C. Bastien avait affirmé qu’il avait été pressenti pour le poste du ministre de l’environnement du gouvernement Martelly/Lamothe. Sa candidature s’est vue honteusement rejetée par le président Martelly. Tandis que l’ex-sénateur d’INITE, Rodolph Joazile est nommé ministre de la défense du gouvernement actuel.
La décision des membres du directoire de l’INITE n’est pas restée sans réaction. En effet, des partis et organisations tels : Le MIRN de Luc Fleurinord, le Konbit Sidès de Lambert ont menacé de se retirer de l’INITE.
De leur côté, dans une note signée de Kély Bastien et de Joseph Lambert, les deux anciens Sénateurs condamnent vivement la décision du Directoire provisoire d’INITE de les exclure de la plateforme. Nous avons appris par voie de presse, que des membres adhérents non-signataires de la charte constitutive d'INITE et ne faisant parti que d'une coordination provisoire, nommée par acte administratif pour un mandat précis se sont arrogés le droit de radier des membres fondateurs de ladite plateforme. Cette initiative étonnante, couvre une usurpation de titre et l'appropriation d'un droit et d'un pouvoir qui n’appartiennent qu'au congrès de la plateforme, réunissant en Assemblée Générale toutes la coordination régionale et les délégués départementaux et communaux. Nous condamnons avec la dernière rigueur, une si vile démarche, attentatoire aux règles fondamentales de la gestion des mouvements et plateformes politiques. Nous tremblons d’effroi, à anticiper les dérives antidémocratiques de tel dirigeants, parvenus un jour à la tête de l'État si dans le microcosme de la gestion de leur organisation, ils succombent si facilement à la tentation de tels déviances et abus de pouvoirs.
Fort de ces considérations et, sans vouloir polémiquer avec des partenaires bernés ou obnubilés dans un moment d’égarement, nous demandons à la coordination provisoire de INITE de se ressaisir, de corriger cette anomalie et d’adresser des excuses publiques à toutes les organisations constitutives de la plateforme en général et aux membres fondateurs injustement et arbitrairement ciblés, en particulier. Faute par elle d’obtempérer à cette légitime requête dans un délai n'excédant pas 48 heures, nous, membres fondateurs révoltés par la mesure de la coordination ai prendrons telle disposition que de droit et de raison... » La plateforme électorale INITE a été fondée par des dissidents d’autres partis politiques sous l’initiative de l’ex-président René Préval. Elle se faisait représenter par Jude Célestin aux élections présidentielles de 2010. Au cours de la période de contestation, Joseph Lambert et Kély C. Bastien dans une correspondance adressée au Conseil Electoral provisoire (CEP) ont fait le retrait, sans le consentement de l’intéressé, du candidat à la présidence de l’INITE. Joseph Lambert après les élections de 2010 était à la base de toute une série de décisions unilatérales, sans aucune forme de consultation. Donc les deux (2) exdirigeants de l’INITE ont fait les frais de leur inconséquence.


