Frictions au sein du gouvernement: un communiqué de la primature désavoue une recommandation du dernier conseil des ministres demandant aux membres du gouvernement d'ignorer les exigencs de la commission sénatoriale sur la nationalité
Agence Haitienne de Presse
Port-au-Prince, le 15 Février 2012
Le premier ministre Garry Conille a réagit suite à la décision du Sénat de changer l’invitation collective du gouvernement en convocation individuelle en vue d’obtenir du gouvernement et de tous les ministres qu’ils déposent au Parlement leurs document de voyage dans le but de faire avancer l’enquête sur la nationalité des hauts responsables de l'Etat.
Dans le communiqué 001 de la primature, Garry Conille a demandé à chaque membre de son cabinet de répondre à la convocation des sénateurs au lieu et à l’heure convenus ceci, écrit-il, en raison du caractère impératif de l’acte de convocation et dans le respect des prérogatives constitutionnelles de chaque pouvoir de l’Etat.
Le premier ministre estime également qu’au moment où toutes les conditions psychologiques et financières sont réunies pour le décollage du pays, les dirigeants et les acteurs politiques ont pour devoir de travailler à la consolidation de la stabilité institutionnelle et gouvernementale et à éviter qu’une nouvelle crise vienne compromettre l’harmonie des pouvoirs et la synergie des efforts pour la reconstruction du pays.
Cependant, le ministre chargé des relations avec le Parlement Ralph Théano se déclare surpris de la décision du chef du gouvernement de demander aux ministres de répondre à la convocation des sénateurs.
Ce dernier a expliqué que la décision de ne pas faire le dépôt des documents de voyage au Sénat a été adoptée en conseil des ministres, sans contrainte et à la demande du premier ministre lui-même.
Des sources digns de foi ont toutefois rapporté que ce conseil presidé par le chef de l'Etat a été très houleuse.
Ralph Théano a nié les informations selon lesquelles le président Michel Martelly serait celui qui avait demandé que les membres du gouvernement ne coopèrent pas avec la commission sénatoriale d’enquête.
"Ce n’est pas une décision prise à la légère car nous avons consulté plusieurs grands cabinets d’avocats en plus des hommes de lois chevronnés qui sont membres de l’Exécutif", a expliqué M. Théano.
Toutefois, des sources proches du pouvoir ont laissé entendre que les récentes déclarations faites par le chef de l'Etat autour de son refus de collaborer avec la commission d'enquête ont au moins influencé les ministres, s'ils n'ont pas reçu des ordres formels en ce sens.
Le président de la commission sénatoriale d’enquête, Joseph Lambert a confirmé la convocation des membres du gouvernement suite au raidissement dont ils font preuve.
Chaque ministre doit se présenter au Sénat ce jeudi et devra se faire accompagner des secrétaires d’Etat relevant de leur ministère, a dit Joseph Lambert précisant que l’objet de cette convocation est qu’ils déposent au Sénat tous les documents qui leur sont réclamés.
Il promet que le Sénat passera à l’étape de l’interpellation si les ministres continuent à se montrer peu coopératifs.
Le ministre Théano a exprimé le souhait que le dossier soit gelé pendant la période des carnavals, dans l'espoir qu'une solution sera trouvée entre le Sénat et le gouvernement
Le sénateur Lambert a par ailleurs fait savoir que son statut d’allié du chef de l’Etat n’aura aucune influence sur la qualité de son travail qu’il affirme prendre à coeur.
Si quelqu’un a des doutes qu’ils viennent prouver les raisons qui pourraient les expliquer, a-t-il dit.
Le président Martelly a officiellement dimanche endossé la candidature de M. Lambret dans le cadre des prochaines senatoriales dont la date n'a toujours pas été fixée
Il a aussi rejeté l'appel du sénateur Moïse Jean-Charles, instigateur de la mise sur pied de la commission, qui lui demande de rendre le tablier.


