Haïti-Insécurité : Port-au-Prince, capitale de tous les dangers...

Écrit par Alix Laroche, Haïti Press Network, publié le 21 janvier 2022 

Circuler librement à Port-au-Prince, devient depuis quelque temps, un exercice à haut risque où sa vie est exposée à chaque seconde. Tous les grands axes routiers de la capitale, les intersections dans le centre-ville, certaines rues, des coins et recoins de la zone métropolitaine de Port-au-Prince, se révèlent très dangereux avec la présence des gangs et/ou des civils armés qui agissent en toute quiétude et impunité, constate Haiti Press Network. 

Le climat de l’insécurité grandissante bat son plein notamment dans la région métropolitaine de Port-au-Prince. La situation s`empire de jour en jour avec des malfrats détenant des armes de guerre illégales qui se sentent plus alaise. La faiblesse de l’État et la nonchalance des forces de l’ordre, particulièrement la police qui, d’ailleurs, ne cesse de compter des victimes dans son rang au quotidien, expliquent bien ces dérives, de l’avis de certains observateurs. 

Les activités sont au point mort dans les principaux centres névralgiques de Port-au-Prince qui deviennent « le no man’s land à éviter à tout prix ». 

La commune de Croix-des-Bouquets qui permet de se rendre à la frontière, au Plateau central et dans la région Nord du pays, est devenue une zone dangereuse contrôlée par des gangs. Pétion-Ville a dorénavant son « Ti makak », chef de gangs qui sème la panique au niveau de Laboule 12, notamment dans la zone de Fessard. Les quartiers de Pernier et de Frères sont peuplés aussi de gangs qui entravent la vie au quotidien. Les zones de Delmas, notamment Bas-Delmas, La Saline, La Plaine et Cité Soleil représentent un véritable danger pour toute personne qui se dirige en direction de la route nationale numéro 1 vers le grand Nord. L’accès dans le grand Sud se trouve interdit depuis déjà plusieurs mois par les gangs de Martissant qui transforment un grand périmètre du Boulevard Jean-Jacques Dessalines, en vallée déserte de la mort. 

De toutes ces zones, le quartier de Martissant qui est occupé par des groupes armés de « Village de Dieu », de « Gran-Ravin » et de « Ti Bwa », constitue l’endroit de la capitale le plus dangereux à éviter. Le déferlement de la violence des gangs depuis le début de juin de l’année dernière, soulignons-le, pousse involontairement de nombreux résidents de Martissant/Fontamara à fuir cette zone. Ce bidonville surpeuplé dans le sud de Port-au-Prince devient tristement une zone interdite sous les yeux impuissants et insouciants des autorités de l’État. 

Par ailleurs, dans la région métropolitaine de Port-au-Prince, les dangers qui guettent les citoyens et les citoyennes lors de leur déplacement sont nombreux. Des gens meurent par balles presque chaque jour. La banalisation de la vie devient une blague. Les actes d’enlèvement (kidnapping) et de séquestration contre rançons, sont devenus monnaie courante et ne cessent de hanter l’esprit des gens. Ce qui oblige plus d’un à s’isoler. 

En effet, nombreux, sont des compatriotes mais aussi des étrangers qui sont obligés de quitter Haïti en 2021. Et la fuite forcée du pays, faute de l’insécurité et de la violence se poursuit encore en 2022, au fur et à mesure que les choses se détériorent et s’aggravent. 

Face à la gravité du mal, les mises en gardes, les conseils à la prudence se multiplient et se renforcent presque sans succès. De leur côté, des spécialistes haïtiens en matière de sécurité et autres, estiment important de multiplier des interventions à caractère préventif sur les ondes des médias. 

Néanmoins, remarque l’Agence de presse en ligne HPN, la population paisible peine à faire siennes des pratiques et des façons d’agir qui ne cadrent pas avec son  mode de vie quotidien. Toutefois, il faut le signaler, les activités sont considérables réduites à Port-au-Prince surtout le soir venu, où beaucoup de personnes jugent que rester cloîtrées chez-elles, est la meilleure option.