Haïti: le chrysocale au cours du règne du PHTK

Par Carly Dollin, Le National, publié le 21 octobre 2021 

En raison de cette gouvernance bancale assaisonnée d’une palanquée de crises locales colossales - attitudes immorales, actions bestiales, oeuvres banales, missions antinationales démoniaques, rafales de balles en tout temps et en tous lieux - le captivant territoire dessalinien si génial sur le plan de la magnanimité se néantiserait macabrement dans un destin fatal. Une chute abyssale d’une ravissante « chéléne » à un sale chrysocale puant et répugnant marquée dans un cataclysme décennal sans égal ; ignominieusement, piteusement, stupidement, Haïti s’avilit, s’affaiblit, se décrépit et s’anéantit. Merci PHTK ! 

« Shit-Hole ! » ne saurait être une invective digestible, puisqu’adressée à un bon voisin qui a su fasciner tant de chrétiens vivants pour les inciter à façonner leur destin en empruntant le chemin de la liberté, l’égalité et la fraternité. Le Venezuela, l’Équateur, le Cuba, les États-Unis, le Canada,.., Haïti a inspiré une multitude de peuples dans la région à se frayer une avenue prometteuse vers une destination salvatrice. Si cette insulte de « trou de merde » était maladroitement dédicacée à Haïti, il faudrait déduire que des présidents indécents n’ont absolument aucun sens de l’histoire, aucune empathie, aucune gratitude. 

Lorsque l’on se rappelle qu’une telle expression grossière provenait d’une gueule de vipère violente, raciste et turbulente, on déduit qu’il n’y a pas matière à la dignité et à la fierté de s’irriter. N’empêche de réitérer à la gouverne des grosses pointures « gwo zòtèy » d’ici et d’ailleurs qu’Haïti a pratiquement inventé les droits humains. La délivrance miraculeuse de la fournaise ardente de l’esclavage pilotée par la stratégie ingénieuse de Toussaint, Dessalines, Capois et consort a été empreinte d’une vision salvatrice universelle qui a fini par caricaturer les propos liminaires des plus nobles conventions internationales. 

À la question de savoir pourquoi Haïti s’enterre si longtemps dans cette caverne quasiment sans issue, la réponse est plutôt évidente. C’est par la gourmandise des aliborons locaux et par l’ingérence rancunière des mauvais larrons internationaux que les démons continuent de hanter cet espace historique attrayant. 

Un nombre pléthorique de chercheurs, scientifiques, politiciens, diplomates et entrepreneurs haïtiens compétents et loyaux brillent de mille feux au bercail et à la diaspora. Par leur preuve d’attachement viscéral envers la mère-patrie, une majorité de ces sommités serait prête à renvoyer l’ascenseur en servant fidèlement la nation dans l’implémentation de politiques publiques au profit de l’intérêt collectif. 

Malheureusement, au lieu d’extraire des reines, des rois et des as d’atout dans cet univers select afin de garantir une gouvernance aromatisée de conscience et d’excellence, les vilains de la factice coopération internationale réunis dans un Core-Group pestilent s’amusent de préférence à jeter leur dévolu sur des valets sinon des sans-figure aux taches dégoutantes indélébiles qui ne puissent objecter à leurs missions opaques d’exploiter outrancièrement les ressources du terroir. L’invitation au diner de con post-séisme agencée par les farceurs et les faiseurs de présidents qui a vu siéger au fauteuil de la première magistrature le bouffon Michel Martelly a été le coup le plus tragique que l’immixtion étrangère au mobile d’intérêt mesquin avait porté à la raison et à la probité. 

Revenant à l’insulte trumpiste, j’aurais bien voulu y accorder circonstance atténuante en simulant qu’il s’agissait d’une sainte colère exprimée à titre d’indignation face à la dérive PHTKiste concoctée par une catégorie d’espèce humaine arriviste et affairiste de concert avec des énergumènes étrangers d’un spécimen venimeux. Oui, je vous jure que l’injure « Shit-Hole » aurait bien sa place si elle ciblait certaines franges particulières de la nation. Je suis témoin oculaire que la dernière décennie a produit des journalistes prostitués, « intellectuels petits » et contrebandiers économiques et politiques vauriens, malandrins, mesquins et moins que rien qui ne jurent que par une chose et une seule : s’enrichir déloyalement peu importe le prix pour Haïti. 

Briganday, grapyay, deblozay, gaspiyay, maspinay, rabòday, tels ont été les uniques projets qui avaient capté l’attention des chefs amateuristes du PHTK atterris dans les fonctions décisives de la nation comme des extraterrestres. Qui pis est, de farouches oppositions à de telles défections sociétales s’exprimaient comme des exceptions. La plupart des médias « HMI » qui égorgent la dialectique d’hérésies et de sorties crabes avec des invités incultes et vaniteux n’exigent pas le rétablissement de l’équilibre social. Et pour cause, cela s’empire sous cet empire despotique qui encense le pire pour déboucher ipso facto sur la dynastie de la kakistocratie. 

Si tu me disais combien de gouyad tu étais capable d’exhiber en une seconde, je te dirais que tu aurais reçu de la caisse publique une moto du bambochard Michel Martelly et une voiture du défunt cabochard Jovenel Moïse.  Bordel, krèy, makrèl, en ce règne d’un régime barbare bourré de champions indiscutables de perversion, concussion, procrastination, tergiversation, crimes multifacettes, mensonges effrontés et éhontés, l’anomie sociale a atteint un stade paroxysmique. Le tissu social est déchiré ; l’économie paie au prix fort les conséquences désastreuses de cette gestion politique calamiteuse qui adule le scandale, le job sale et le « voksal ». 

Le cancer à sa métastase 

Sous ce régime de crimes multiples, le cancer politique a atteint le stade le plus critique. Chimiothérapie ou intervention chirurgicale ?  En tout cas, le malade alité dans un coma décennal désespérant exhibe à peine des pouls vitaux par le biais d’un tube respiratoire troué, épuisé. Puisque le Tout-Puissant nous a déjà pourvus de moyens adéquats pour déguerpir la bêtise à l’hypophyse de la sphère publique, nous ne saurions espérer un miracle d’en haut. Puisse le Petrochallenge se revivifier sur le macadam, sur la toile, à travers les plumes et les micros pour décidément offrir l’offrande libératrice à une Haïti enchainée depuis des lustres par les liens destructeurs de l’asthénie, la flagornerie et la cacophonie. 

Une décennie prolifique en inepties inédites dans une médiocratie outrancière convertie en kakistocratie en concurrence létale face à la méritocratie ; ce ne sont pas les étudiants intelligents, les jeunes prometteurs, ni les enfants qui décrochent des moyennes scolaires proches de 10/10 qui recevaient des récompenses de la présidence. « Ouvè le kò » détrône « Ouvè lespri » ; deux « gouyad » sur l’estrade, le bambochard Michel Martelly vous octroie une moto ; quatre gouyad sur la place publique, le cabochard Jovenel Moïse offre une voiture à une enfant. 

Lorsque ce sont les initiatives « Carwash », « Ti-Mamoun », « Ti-Sourit » et « Plat-Atè » qui épatent les dirigeants petits d’un pays, ce n’est donc pas une surprise que la gouvernance mazette se réduise au désordre systémique. Où est passé le programme d’excellence des lauréats de la Banque Centrale ? Dans quels types de projets les subventions de la primature et des ministères seraient-elles investies ? 

C’est grave de constater par connivence ou par impotence que des représentants de l’ État arrosent des Mawozo d’armes, de munitions et d’argent pour que la « paix factice » leur soit garantie pendant que la population conjugue au quotidien les verbes stresser, blesser, tuer, kidnapper et décéder à la forme passive. 

D’un côté, les brigands reçoivent feu vert et billets verts par dizaines de milliers à titre de récompense pour la terreur qu’ils sèment dans les villes avilies et les bidonvilles décivilisés. Et de l’autre, restent sans suivi les projets d’éducation, de santé, de loisir ainsi que les milliers de dossiers des boursiers qui devaient traverser les océans pour meubler leurs esprits aux fins de s’engager dans le développement de leurs sociétés. Suite logique : Haïti a semé le brigandage et le vagabondage ; au final, elle récolte le sauvage et le naufrage. 

Fatalité ? Absolument pas. Il s’impose un virage politique qualitatif express afin de stopper cette noyade titanique dans la jungle océanique détraquée. Des femmes enceintes, des enfants et des jeunes continuent de faire la planche en espérant une planche de salut à visualiser dans des canots de sauvetage à distribuer dans la célérité. Cette noble tâche revient à la science et à la conscience. 

« Puissent les Dieux protecteurs de l’intégrité, puisse tout ce qu'il y a d'hommes au monde qui respectent encore les lois de l'humanité débarrasser l’arène politique de cette pourriture et cette imposture responsable de la déconfiture sociétale ». Haïti est à bout de souffle. Puissent la dignité, l’intrépidité et la splendeur se mêler de la partie afin de sauver la patrie en péril ».