INGÉRENCE DE LA COMMUNAUTÉ INTERNATIONALE

Écrit par Vladimir Predvil, Le National, Haïti, publié le 28 juillet 2022 

Des militants politiques crachent leur ras-le-bol 

Dans l’objectif de continuer à dénoncer le renouvellement du mandat du Bureau intégré des Nations unies en Haïti (BINUH), et l’ingérence des puissances étrangères, les membres de l’Espace de mobilisation nationale (Emna) ont organisé un sit-in ce mercredi 27 juillet 2022 devant les locaux de l’Ambassade de France en Haïti. Ces militants accusent la communauté internationale d’être responsable de la situation ahurissante du pays. 

Effectivement, ces militants expriment leur conviction que la prorogation du mandat du Bureau intégré ne va pas contribuer à l’amélioration de la situation. Selon ces militants, l’environnement sécuritaire s’est davantage dégradé avec la présence du BINUH. À leur avis, seule la fin de l’ingérence étrangère permettra de trouver une issue convenable à la crise. « Que ce soit le Canada, la France, ou les États-Unis, ce ne sont que des prédateurs, et notre Haïti est leur proie», a déclaré le coordonnateur général de l’Espace de mobilisation nationale, Me Marc Antoine Maisonneuve. 

Il appelle la population haïtienne à sortir de son mutisme afin de forcer les autorités à prendre des mesures drastiques pour combattre le phénomène de l’insécurité qui menace la paix publique. « Les bandits ne devraient pas fonctionner comme bon leur semble. Pour preuve, ils opèrent en toute tranquillité sous les yeux des soi-disant autorités concernées. Ne sont-elles pas de connivence avec les bandes armées qui sèment le deuil au sein de la société haïtienne ? », se demandent certains militants qui ont pris part au sit-in ce mercredi dans l’aire du Champ-de-Mars. 

De son côté, Eddy Pierre Charles, responsable du Parlement populaire au Champ-de-Mars, a rappelé qu’après une année comme chef du gouvernement, le Premier ministre Ariel Henry n’a rien fait de bon. « Bilan Ariel  Henry se zero bare », a-t-il lancé l’air furieux. Ce dernier dit attendre impatiemment que le neurochirurgien remette sa démission, sinon, il revient au peuple haïtien de se soulever contre le Dr Ariel Henry pour le forcer à démissionner. « Aujourd’hui, nous avons besoin de nouveaux dirigeants qui n’auront pas peur de tenir tête à la communauté internationale. Ariel Henry est le visage de l’international en Haïti. Nous n’avons plus besoin de lui », a-t-il ajouté.