Insécurité: le BAI interpelle les autorités

Écrit par Vladimir Predvil, Le National, Haïti, publié le 6 mai 2022 

À cause des affrontements entre gangs rivaux depuis tantôt deux semaines, les habitants de la commune de la Croix des Bouquets, de la Plaine du Cul-de-sac et de ses environs fuient vers les départements du Centre, de l'Artibonite et trouvent refuge sur des places publiques. Le Bureau des avocats internationaux (BAI) dénonce l’irresponsabilité et l’indifférence du gouvernement en place face à cette situation provoquée le phénomène du banditisme. 

Me Mario Joseph, responsable du Bureau des Avocats internationaux dit avoir recensé près 250 familles réfugiées au Centre sportif de Carrefour à cause des bandes armées à Martissant. Ces derniers ont bénéficié d’une assistance sociale depuis 6 janvier 2022. D'un autre côté,  la Protection civile a dressé un bilan provisoire qui fait état de 9000 déplacés et 39 morts depuis les affrontements des bandes armées dans la Plaine du Cul-de-sac. 

Le rapport de la Protection civile en date du 4 mai concernant la guerre entre les groupes armés à La Plaine du Cul-de-sac a fait état de 39 morts,  8 portés disparus, et 68 blessés. Parallèlement, à en croire le rapport de la Protection civile, la guerre des bandes armées contraint près de 48 écoles, 5 centreshospitaliers et 8 marchés et plus d’une dizaine d’entreprises à fermer leurs portes. 

L’insécurité a atteint des proportions démesurées sous les yeux impuissants des autorités chargés de la protection des vies et les biens. Selon le responsable du Bureau des avocats internationaux, Mario Joseph, la recrudescence de l’insécurité a forcé une grande partie des habitants de la commune de la Croix des bouquets et de la Plaine du Cul-de-sac à se réfugier sur la place de Benoît Batraville à Mirebalais, parmi ces déplacés se trouvent des femmes enceintes et des enfants. D’après ces réfugiés, le mépris des autorités témoigne de la complicité de certains d'entre eux avec les malfrats. 

Me Mario Joseph a fait savoir que les autorités concernées en premier lieu ont le devoir et la responsabilité de fournir une protection et une aide aux personnes déplacées. Il les exhorte à prendre leurs responsabilités envers les habitants de Martissant, de la Plaine du Cul-de-sac et de la Croix des bouquets. Il se dit sceptique que les autorités sachent vraiment combien de personnes sont obligées de quitter La Plaine du Cul-de-sac et Martissant vers d’autres lieux de refuges. 

L’Organisation internationale pour la migration ( OIM) et Solidarité internationale sont les deux organisations qui ont visité les réfugiés de Martissant depuis le 6 janvier 2022, a rapporté Me Mario Joseph qui a déclaré que la crise humanitaire et la crise causée par les déplacements devraient préoccuper l’État au plus au niveau, parce que, suivant ses dires, ces crises peuvent engendrer beaucoup plus de situations de vulnérabilité en matière de santé mentale et physique, mais aussi ces situations peuvent augmenter la délinquance au sein de la République.