Insécurité, pénurie de carburant, crises sociale, économique et politique, situation de plus en plus compliquée

Par Alix Laroche, Haïti Press Network, publié le 21 octobre 2021 

Au fur et à mesure que les jours passent, le problème lié à la distribution de carburant se complique davantage pour la circulation des biens et des personnes dans le pays. Faute de transport en commun, de nombreuses personnes, y compris des élèves de toutes catégories sont obligés de prendre la route à pied pour se rendre à leurs activités, a constaté un reporter de Haiti Press Network. 

Ce jeudi matin 21 octobre encore, trouver une ligne pour vaquer à ses activités quotidiennes, a été l’une des choses les plus difficiles. Peinées durant des dizaines de minutes debout pour essayer de trouver une camionnette, une kyrielle de personnes notamment des élèves, parmi eux, des enfants en bas âge accompagnés de leurs parents en provenance de Laboule, de Pélerin et de bien d’autres zones avoisinantes de la commune de Pétion-Ville, ont été obligées de longer la route dans les deux sens de la voie publique pour arriver à destination de leurs occupations respectives. 

Les camionnettes et les minibus qui effectuent le trajet sur la route de Kenscoff étant très rares depuis quelques jours. Les conducteurs se plaignent de leur calvaire pour trouver du carburant afin de faire fonctionner le moteur de leur véhicule. Plusieurs artères de la commune de Delmas sont pour le moment inaccessibles ce jeudi. Des chauffeurs de taxi-moto ont bloqué les accès pour montrer leur mécontentement. 

« Que voulez-vous que je fasse? J’ai déjà payé l’année scolaire. Je ne peux pas garder les enfants à la maison. Je suis obligée de prendre la route à pied pour les emmener à l’école. Ils risquent d’être en retard si je ne le fais pas », nous a déclaré une mère de famille en provenance de Pélerin 4, portant un bébé de moins de 3 ans en uniforme sur ses bras et un autre bambin de 6 ans devant elle. 

Le constat est le même dans de nombreux autres endroits du pays. Les gens qui ne disposent pas de leur véhicule privé, peinent à trouver un tap-tap pour vaincre le temps et la distance pour se rendre à leurs activités. Même les chauffeurs de taxi-moto également qui, malgré l’augmentation exagérée des tarifs des courses, ne sont plus accessibles dans le transport public, à cause de la rareté du carburant. 

« Regardez-vous hein! Vous êtes obligés de marcher à pied ces jours-ci », balance telle une chanson, un motard comme pour accabler davantage les gens qui prennent la route à pied. « Si vous étiez à la manifestation pour la distribution du carburant, vous ne seriez pas à pied aujourd’hui », lâche de son côté une marchande qui transporte un sac rempli on ne sait de quoi par-dessus la tête. 

En effet, cette situation de crise de carburant, ponctuée de la recrudescence du phénomène de l’insécurité, du grand banditisme et de la criminalité ne date malheureusement pas d’hier. Et, apparemment, la solution à ce problème qui met le pays à l’arrêt de temps en temps, ne semble pas non plus pour demain. Car, aucun effort en ce sens n’est remarqué du côté des dirigeants pour pallier à ce dilemme qui perdure. 

Entre-temps, observons-nous, des stations à essence ont leurs pompes à distribution bien cadenassées dans des objets fabriqués en métal, pendant que des véhicules font la queue dans la rue, gênant ainsi la circulation, espérant trouver quelques gouttes de carburant. 

Déjà, beaucoup de personnes jugent que la situation va devenir plus difficile encore dans les prochains jours, avec la grève des transporteurs de tankers de carburant, s’il n’y a pas de solution à la question sécuritaire.