Jean-Bertrand Aristide prêt à revenir en Haïti

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Depuis l'Afrique du Sud où il vit en exil, l'ancien président haïtien Jean-Bertrand Aristide a affirmé jeudi qu'il était prêt à revenir dans son pays d'origine « aujourd'hui, demain, n'importe quand ».

Depuis le retour surprise de l'ex-dictateur Jean-Claude Duvalier à Port-au-Prince, après 25 ans d'exil en France, plusieurs surveillaient les réactions de cet ancien homme fort de la politique haïtienne.

Aristide a été élu président d'Haïti en 1990, lors de la première élection démocratique après le renversement de Duvalier. Il a été démis de ses fonctions par un coup d'État en 2004, et forcé à l'exil.

« Les Haïtiens n'ont jamais cessé de réclamer mon retour », affirme Aristide dans un communiqué, notant que son taux de popularité reste élevé au pays malgré l'interdiction de son parti, Fanmi Lavalas.

Aristide affirme avoir été chassé du pouvoir sous la pression des États-Unis et de la France. S'il veut revenir, c'est, dit-il, pour « contribuer à servir [ses] frères et soeurs haïtiens en tant que simple citoyen dans le domaine de l'éducation ».

« Ce retour est également indispensable pour des raisons médicales : il m'a été fortement déconseillé de passer le prochain hiver en Afrique du Sud, car en six ans j'ai été opéré des yeux six fois », indique encore Jean-Bertrand Aristide, 57 ans.

Le passeport haïtien d'Aristide est expiré, selon son entourage, mais l'ancien prêtre espère un accord permettant son retour.

C'est le ministère des Affaires étrangères de l'Afrique du Sud qui a transmis les propos de Jean-Bertrand Aristide. Ses conditions d'exil ne lui permettent pas d'intervenir dans la politique haïtienne.

Incertitude sur les intentions de Duvalier

À Port-au-Prince, la confusion règne sur les intentions réelles de Jean-Claude Duvalier. Mercredi soir, il a réfuté les affirmations de l'un de ses proches selon lesquelles il était revenu en Haïti pour profiter du contexte électoral confus, dans le but de refaire de la politique.

« Je démens, de la manière la plus formelle qui soit, toute déclaration politique (...) qui me serait imputée par un prétendu porte-parole, et faisant tout particulièrement allusion à des scénarios en relation avec le processus électoral en cours en Haïti », a-t-il déclaré dans un communiqué.

Jean-Claude Duvalier, qui a un billet d'avion pour un vol vers la France aujourd'hui, est en liberté surveillée alors que la justice lui a intimé l'ordre de ne pas quitter le pays.

Sous le coup d'accusations de vol, de corruption et de détournement de fonds, il doit aussi faire face à des plaintes pour crimes contre l'humanité.

Radio-Canada.ca avecAgence France Presse, Reuters et Associated Press