La lutte contre la pauvreté ne peut se faire uniquement par la création d'un ministère, mais par des mesures structurelles adéquates

lutte contre la pauvreté ne peut se faire uniquement  par la création d'un ministère, mais  par des mesures structurelles adéquates et par la croissance économique, selon deux experts haitiens

Agence Haitienne de Presse,Port-au-Prince, le 11 mai 2012

http://www.ahphaiti.org/ndujour.html

Le spécialiste en sciences du développement Dr Fritz Dorvilier salue l’intérêt manifesté par le premier ministre Laurent Lamothe d’engager son gouvernement dans la lutte contre la pauvreté mais croit que des résultats satisfaisants ne peuvent être obtenus dans ce domaine qu'à une politique publique  et à des mesures structurelles adéquates.

Intervenant sur Radio Solidarité autour de la création du ministère de la lutte contre la pauvreté, l’enseignant-chercheur à l’université d'Etat d’Haïti, a rappelé que plus de la moitie de la population haïtienne (soit 56%) vit dans une pauvreté extrême. Selon lui, ce ne sont ni les projets comme Aba Grangou ni des initiatives isolées qui vont solutionner les problèmes structurels de pauvreté et d’inégalités sociales.

Le programme de lutte contre la faim intitulé Aba Grangou (à bas la faim) initié par la première dame Sophia Martelly, projette de réduire substantantiellement le nombre d’Haïtiens souffrant de la faim d’ici 2016.

M. Dorvilier recommande aux autorités de puiser des données de la carte de la pauvreté élaborée en 2004 et également du document de stratégie nationale pour la croissance et la réduction de la pauvreté (DSNCRP) préparé en 2007 pour mieux orienter leurs interventions.

De son coté le président de l’association des économistes Haïtiens, Eddy Labossière estime que la situation difficile du pays sur le plan financier n’est pas propice à l’augmentation des ministères déjà nombreux et budgétivores.

Selon lui, cette décision du nouveau premier ministre est loin de constituer une solution au problème de la pauvreté qui est, selon lui, très grave. Il indique en effet que selon des données fiables, près de 2 millions d’Haïtiens vivent avec moins de 2 dollars américain par jour.

L’économiste souligne à l’intention des dirigeants que la croissance économique est la vraie voie à emprunter pour lutter contre la pauvreté, toutefois, a-t-il insisté, il doit s’agir d’une croissance bien distribuée.

« Comment peut-on combattre la pauvreté si le pays ne produit pas », s’est-il demandé.

Le président de l’AEH dit constater avec regret que les annonces des différents dirigeants qui se sont succédé au pouvoir n’ont même pas été suivies de dispositions visant le renforcement de l’agriculture.

Même une banque de crédit agricole n’a pas été créée, a-t-il déploré.

Le nouveau ministère chargé des droits de l’homme de la lutte contre la pauvreté extrême sera dirigé par Marie Carmelle Roxanne Auguste.

Le premier ministre Laurent Lamothe a annoncé lors de la présentation de son énoncé de politique générale au sénat que son gouvernement ferait de la lutte contre la pauvreté extrême l’une de ses grandes priorités. D’où son slogan : « Fòk pèp la jwenn » (il fauit que le peuple trouve).