La Papda dénonce une tendance visant à faire accepter une intervention militaire en Haïti

Par Alter Presse, Haïti, publié 8 novembre 2021 

La Plateforme haïtienne de plaidoyer pour un développement alternatif (Papda) rejette une nouvelle tendance, qui tendrait à faire accepter une intervention militaire en Haïti pour résoudre la crise, notamment la criminalité, en conférence de presse, ce lundi 8 novembre 2021, à laquelle a assisté l’agence en ligne AlterPresse. 

« Aujourd’hui il est clair qu’il y a une tendance, voulant faire croire que la solution à la crise haïtienne actuelle devrait passer par une intervention militaire, qu’on devrait laisser la communauté internationale gérer les problèmes du pays. La solution ne peut pas sortir du département d’État américain », souligne Camille Chalmers, directeur exécutif de la Papda. 

Il revient aux Haïtiennes et Haïtiens de construire la solution, par le biais d’une prise de conscience historique, patriotique, nationale, face au système de domination et toutes ses expressions, affirme la Padpa. 

La dernière intervention militaire, à travers la Mission des Nations unies pour la stabilisation en Haïti (Minustah, de 2004-2017), avait aggravé la crise du pays. De nombreux viols et actes de violations des droits fondamentaux du peuple haïtien ont été également commis, durant cette période. 

« Aujourd’hui, il est clair que les gangs armés sont un instrument politique au service de l’impérialisme américain », soutient la Papda. 

Les gangs armés continuent, non seulement de semer le deuil dans le pays, mais paralysent les principales activités à Port-au-Prince, notamment dans la périphérie sud de la capitale, Port-au-Prince. 

Les actes de banditisme ont provoqué une crise du carburant, obligeant plusieurs entreprises commerciales, hôpitaux, écoles à fermer leurs portes ou à réduire leur horaire de fonctionnement. 

« La domination de l’impérialisme a créé la misère, la destruction des institutions, pour pouvoir grossir le pouvoir des gangs. Nous voyons qu’aujourd’hui la question des bandits légaux n’était pas un jeu. Il y a un processus de gangstérisme dans le pays, instauré par le régime du Parti haïtien tèt kale (Phtk). L’un des auteurs principaux de cette gangstérisation est l’impérialisme américain », explique la Papda. 

Plusieurs quartiers de la zone métropolitaine de Port-au-Prince sont contrôlés par des bandits lourdement armés, qui sèment la terreur sous les yeux de la Police. 

Une attaque armée contre un véhicule privé a fait, dans la matinée du samedi 6 novembre 2021, plusieurs personnes mortes et blessées par balles à Martissant. 

Au total, une dizaine de camions-citernes ont déjà été détournés par des bandits au niveau de Martissant, depuis le début du mois de novembre 2021. Quatre chauffeurs kidnappés sont toujours entre les mains des ravisseurs. 

Le secrétaire d’État adjoint américain aux affaires internationales des stupéfiants et de l’application des lois, Todd Robinson, est en visite en Haïti, du lundi 8 au mercredi 10 novembre 2021, pour discuter de la sécurité avec le gouvernement de facto. 

Le directeur de la Papda donnait la conférence de presse du lundi 8 novembre 2021, conjointement avec d’autres représentants d’organisations, signataires d’une lettre ouverte au président américain, Joseph Robinette Biden dit Joe Biden. 

Cette lettre, adressée au président américain, fixe les responsabilités historiques des États-Unis d’Amérique dans la situation, que connaît Haïti actuellement, ont soutenu les signataires, demandant au gouvernement américain de cesser de s’ingérer dans les affaires internes d’Haïti. 

« Cette lettre, c’est un appel lancé pour renforcer la solidarité avec Haïti, pour avoir un réveil citoyen, pour dénoncer la situation insoutenable de la crise de carburant et de l’insécurité », a déclaré le professeur Josué Mérilien, dirigeant du Konbit òganizasyon politik, sendikal ak popilè yo, lors de son intervention. 

Un nouveau calendrier de mobilisation sera disponible dans les prochains jours à cet effet, annonce le regroupement Konbit òganizasyon politik, sendikal ak popilè yo.