La population préoccupée par la criminalité et le manque de confiance dans les institutions, révèle une enquête de l’Ocid

Par Alter Presse, Haïti, publié le 28 décembre 2021 

L’insécurité civile et le manque de confiance dans les institutions du pays et dans les politiques constituent les principales préoccupations de la population haïtienne. 

C’est ce qui ressort des résultats d’une enquête nationale de l’Observatoire citoyen pour l’institutionnalisation de la démocratie (Ocid), sur les préoccupations de la population haïtienne et ses opinions sur la démocratie, dont a pris connaissance l’agence en ligne AlterPresse. 

« 62.2% des personnes interrogées estiment que l’insécurité civile (enlèvements et séquestration, prolifération de gangs, banditisme, violence, etc.) est le plus grand problème, auquel le pays se trouve confronté en octobre 2021 », révèlent les résultats de l’enquête, dont les données ont été collectées auprès d’un échantillon de 3,600 ménages, du samedi 9 au dimanche 17 octobre 2021. 

Selon une enquête similaire conduite par l’Ocid en mai 2015, seulement 9% des personnes sondées exprimaient cette préoccupation. 

« Les problèmes économiques, comme la cherté de la vie, l’insécurité alimentaire, le chômage, la pauvreté y occupaient le premier rang avec 66% des sondés », rappelle l’Ocid. 

« Seulement 21.5% des répondantes et répondants considèrent le marasme économique comme la priorité du moment, même si la situation semble, de toute évidence, pire qu’il y a 6 ans », indique la récente enquête de l’Ocid. 

L’Observatoire citoyen pour l’institutionnalisation de la démocratie souligne combien « une très large majorité de la population haïtienne n’a aucune confiance ou peu de confiance dans les institutions du pays et dans les politiques ». 

Pour « environ 83% des personnes sondées », les politiciens ne se soucient guère de leur sort, pendant que pas moins de 94.8% d’entre elles considèrent que les politiciens mentent pour se faire élire. 

82.4% des personnes interrogées expriment leur désir de laisser Haïti à n’importe quel moment où l’opportunité se présenterait, rapporte l’Ocid. 

Le poids d’une telle détresse humaine et une si grande méfiance, vis-à-vis des institutions et surtout des politiques censées en charge de redresser la situation, sont, pour beaucoup, dans cette tendance, estime-t-il. 

De telles données devraient « interpeller » le gouvernement en place, les actrices et acteurs politiques aussi bien que ceux de la société civile et du secteur des affaires, pour que les efforts nécessaires soient investis sans délai, afin de sortir le pays de l’impasse politique et de cet état de siège de facto, institué par les gangs armés, préconise l’Observatoire citoyen pour l’institution-nalisation de la démocratie.