Par Haïti Liberté, édition du 12 au 18 juillet 2023
La Russie et la Chine se sont opposées à une intervention militaire en Haïti lors d’une réunion du Conseil de sécurité des Nations Unies sur le déploiement d’une force internationale dans la nation insulaire des Caraïbes. « Certains considèrent que la panacée est une force multinationale, alors que l’histoire nous montre que de telles interventions étrangères ont fait plus de mal que de bien en Haïti », a déclaré l’ambassadeur adjoint de Russie auprès des Nations unies, Dmitri Polianski, lors de la rencontre tenue le vendredi 7 juillet 2023 .
Le représentant russe a exhorté la communauté internationale à écouter les voix des Haïtiens qui plaident pour d’autres alternatives au milieu de la grave crise politique et économique dans le pays.
Armes à feu, gangs et néocolonialisme en Haïti
Le diplomate russe a fait cette déclaration après que le secrétaire général de l’ONU, António Guterres, a appelé à la formation immédiate d’une force militaire étrangère pour lutter contre les gangs armés en Haïti. « Ce ne sera pas une mission politique ou militaire de l’ONU, mais une force multinationale robuste, déployée par la communauté internationale et agissant main dans la main avec la police haïtienne », a déclaré António Guterres.
Le déploiement d’une force militaire ne relevant pas du mandat de l’ONU dans un État membre de l’ONU serait contraire à la propre charte des Nations Unies.
Les Haïtiens ont le droit de décider de leur avenir
L’ambassadeur de Chine au Conseil de sécurité de l’ONU, Zhang Jun, a appelé à une analyse plus approfondie de la situation en Haïti afin de proposer d’autres initiatives, et a souligné que les Haïtiens ont le droit de décider de leur propre destin.
Ce qui est urgent et nécessaire en Haïti
« Nous avons entendu de nombreux discours en faveur de cette force multinationale, mais aucun pays n’a annoncé d’actions concrètes, il semble donc qu’une analyse plus approfondie sera néces-saire avant d’arriver à une proposition viable », a-t-il déclaré.
En octobre 2022, le gouvernement intérimaire d’Haïti, dirigé par le Premier ministre non élu Ariel Henry, a demandé l’assistance du CSNU par le biais d’une force multinationale. Jusqu’à présent, aucun pays ne s’est directement proposé pour le diriger.
Le débat du Conseil de sécurité de l’ONU qui s’est tenu le 7 juillet a coïncidé avec le deuxième anniversaire de l’assassinat de l’ancien président d’Haïti, Jovenel Moïse, qui a été tué dans sa résidence personnelle par un commando de mercenaires lourdement armés, principalement des Colombiens. Le mandat de Moïse était déjà terminé à ce moment-là et il gouvernait par décret depuis des mois. L’assassinat a aggravé la crise qu’Haïti souffrait déjà depuis des années.
Ultimas Noticias 8 Juillet 2023


