La situation des réfugiés de Martissant documentée par l'UNFPA

Par Geneviève Rose Murdith Joseph, Le National, Haïti, édition du 22 au 26 juillet 2021 

Le Fonds des Nations unies pour la population en Haïti a publié sur ses comptes Facebook et twitter, le 21 juillet 2021 un documentaire suivi d’un débat ouvert en réponse à la situation des personnes forcées d’abandonner leur maison à cause de la violence dans le département de l’Ouest. Avec comme titre, « Assez, assurons une vie digne aux femmes et aux filles déplacées » le UNFPA fait état de 1,5 million de personnes affectées par la violence entre les gangs, 5 milles déplacées, 1,5 mille personnes prises en charge par les centres de santé partenaires de l’UNFPA et 6,500 victimes de violences. 

Depuis plus d’un mois, plus de 19 mille personnes vivent dans des abris provisoires à cause de la montée de la violence dans le département de l’Ouest. La situation des personnes qui se sont réfugiées dans ces abris de fortune tels que le Centre sportif de Carrefour est intenable, fait savoir le représentant de L’Unfpa-Haiti, Yves Sassenrath. Selon lui, les femmes et les filles sont les plus affectées pendant les situations d’insécurité et de violences. En effet, 6500 femmes en âge de procréer sont sujettes dans les prochains mois aux violences sexuelles, fait savoir L’UNFPA. Selon les analyses du Fonds des Nations unies pour la population en juin 2021, 16 femmes enceintes risquent de perdre la vie dans les 3 prochains mois, de même 975 accouchements sont attendus. 

Pour le sociologue Laënnec Hurbon, consulté par l’UNFPA dans le cadre de ce documentaire, les plus affectés par l’insécurité sont les personnes qui se trouvent au seuil de la pauvreté parce que selon lui, elles sont à la portée des gangs armés. Cette situation est due à la faiblesse de l’institution policière, souligne le sociologue. « La solution n’est pas dans l’humanitaire, mais du côté de la police et de la sécurité publique », pense-t-il. 

Le secteur médical est également affecté par l’insécurité. 35 % du personnel médical haïtien n’ont pas accès au centre de santé qui se situe non loin des zones à risque selon UNFPA. De plus, les routes connectées à ces centres étant bloquées, ces centres hospitaliers sont dans l’incapacité de s’approvisionner en médicament et matériel médical. Près de 15 milles personnes auront besoin d’adopter une méthode contraceptive moderne et des médicaments contre des maladies sexuellement transmissibles seront nécessaires a 2800 personnes prévoit l’UNFPA. 

La situation des réfugiés au Centre sportif de Carrefour est précaire. Ces personnes sont en manque de nourriture équilibrée et d’eau potable, de nombreuses femmes souffrent déjà d’infection. Elles sont dépourvues de tout, il leur faut donc une activité génératrice de revenus et rentrer chez elles. Pour l’assistant-directeur de Gheskio, Marie Deschamps, la population est prise entre deux feux entre le Covid et la violence. Les malades sont donc cloitrés chez eux, incapables de se rendre à l’hôpital et les victimes de violence ne parviennent pas à entamer un suivi légal. 

Face à la situation précaire des personnes forcées de se déplacer, l’ONU avec un financement de 26 millions de dollars américains tend à y apporter une réponse. De son côté, l’UNFPA, cherche à collecter 45 millions de dollars afin d’apporter son soutien dans le cadre de la santé sexuelle, reproductive, et maternelle des survivants de violence basée sur le genre.