La tension s'intensifie en Haïti

Écrit par Oberde Charles, Le National, Haïti, publié le 16 sept 2022 

Ce jeudi 15 septembre 2022, les activités ont été encore une fois paralysées à Port-au-Prince et dans les autres villes du pays. Aux Gonaïves les manifestants ont pillé les locaux de la Caritas et parallèlement à Port-au-Prince, les espaces de la Télévision nationale, située à Delmas 32 ont été ciblés par des protestataires qui ont fait passer en fumée trois véhicules et emporté sur leur passage plusieurs matériels de l’institution. 

10 heures du matin au coeur du centre-ville de Port-au-Prince, c’est l’image d’une ville plutôt déserte. D’un quartier à un autre, les barricades dressées par les riverains sont encore debout.  Les pierres, les branches des arbres, sont entre autres les principaux obstacles qui empêchent la libre circulation des véhicules et des personnes. 

Derrière ce calme apparent, caché sur la ville durant toute la journée du jeudi, un peu tôt dans l’après-midi, les mouvements de protestation ont été transformés en scène de violences. Les manifestants de la commune de Delmas ont envahi l’enceinte de la radio et la télévision nationale d’Haïti. En colère contre la décision du gouvernement, ils ont violemment attaqué le bâtiment de l’institution et laissé derrière eux, au moins 3 voitures en fumée et ils ont aussi emporté plusieurs matériels de la chaîne publique. 

À Pétion-Ville, contrairement à une matinée sombre, la tension a monté d’un cran. La mobilisation a pris une autre allure. Plus d’une centaine de gens en fureur ont gagné les rues, dénonçant les mauvaises conditions de vie, dont la cherté de la vie et l’insécurité. Une grande partie réclame la démission du Premier ministre. Par contre, cette commune, autrefois très paisible, est transformée progressivement en un théâtre de revendications. À travers  les rues de la commune, des pierres, des bouteilles et des ordures sont jetées partout. Partout, les gens discutent et des petits groupes se tiennent derrière leurs barricades. Cependant, les tirs des policiers et l’utilisation à profusion de gaz lacrymogène ont par ailleurs dispersé la foule en protestation. 

Aux Gonaïves, les protestataires n’ont pas chômé. Les manifestants en colère ont pillé les locaux de la Caritas, ce jeudi 15 septembre 2022. Les protestataires ont emporté des produits alimentaires et plein d’autres matériels de l’institution. Néanmoins, la population a été très violente à travers les rues. Sur la route de Delmas et à Pétion-ville, les tentatives de pillage ont été nombreuses. Sans le support de la Police, plusieurs entreprises auraient été « dechouke ». 

À lire aussi: Le pays en mode « lock»