La vulnérabilité des citoyens doit constituer une priorité pour les autorités, selon le RNDDH

Écrit par Haïti Press Network, publié le 13 janv 2022 

Dans son dernier rapport sur le 12e anniversaire de ce tremblement de terre de magnitude 7.3 sur l’échelle de Richter ayant rudement frappé les départements de l’Ouest, du Sud-est et des Nippes du pays, le réseau national de défense des doits humains(RNDDH) rappelle que les pertes humaines et matérielles qui ont résulté sont incommensurables. L`'institution de droits humains souligne que les séquelles très considérables, restent vivantes dans la mémoire collective. 

Dans son travail effectué sur les victimes du 12 Janvier 2010, le RNDDH dit avoir  visité 10 camps d’hébergement et sites de relocalisation dans le département de l’Ouest. Ces structures accueillent encore les victimes du séisme du 12 janvier 2010. Les responsables des institutions étatiques avoisinantes telles que les commissariats de police ou leurs antennes, les mairies ou leurs annexes ont également été visités. Le réseau national de droits humains rappelle que douze 12 ans après, ces structures existent encore. 

N’ayant pas été aménagés pour servir pendant toutes ces années, les camps d’hébergement et sites de relocalisation, constitués pour la plupart d’abris de fortune en très mauvais état, de maisons inachevées et de constructions finies en béton, présentent un aspect hétéroclite. Ceci a été remarqué dans les camps Terrain Toto, Réfugiés, Bénédiction, Carradeux, Jérusalem, Saint Etienne I et Saint Etienne II et le camp Canaan", relève le rapport du RNDDH. 

Le RNDDH rapporte également que plusieurs maisons construites sur des sites provisoires sont en béton. Pour ce qui concerne le coté sanitaire, les latrines et les blocs sanitaires communautaires dans les camps d’hébergement et sites de relocalisation reste aujourd’hui encore très préoccupante a fait savoir l'institution de dorits humains. Selon les informations recueillies par le RNDDH sur le terrain, c’est seulement au Village Lumane Casimir et à Corail Cesselesse que les citoyens ont accès aux latrines. Au Village Lumane Casimir, chaque maison dispose de sa propre toilette et au camp Corail Cesselesse, une  toilette est disponible pour 4 abris. Mis à part ces exemples, les latrines construites depuis 12 ans sont toutes en mauvais état de dysfonctionnement souligne le RNDDH. 

Pour ce qui concerne la question de santé, le camp Corail Cesselesse dispose de 2 dispensaires où les résidents paient 100 gourdes pour se faire ausculter indique le rapport du RNDDH. Quant aux autres sites, les résidents doivent se rendre à l’extérieur, pour avoir accès à des services médicaux. "En ce qui concerne la propagation de la maladie du Coronavirus, aucun accompagnement étatique n’a été enregistré. Aucun matériel de prévention n’a été distribué. Aucun dépistage n’a été effectué non plus ", relève le réseau national de défense des droits humains. 

" Aujourd’hui, 12 années après le séisme du 12 janvier 2010, Haïti ne compte pas plus d’hôpitaux ou de centres de santé qu’avant. Conséquemment, à chaque désastre, les structures sanitaires existantes sont dépassées, puisque ne pouvant faire face aux demandes de soins de santé qui en résultent ", constate le RNDDH. 

La structure de Droits humains dans son rapport dit relever dans le département de l’Ouest des camps d’hébergements et sites de relocalisation  montés au lendemain du séisme du 12 janvier 2010 ou construits un peu plus tard, avec l’aide des agences humanitaires existent encore. Et, en plus des difficultés quotidiennes liées à la pauvreté extrême dans laquelle patauge la population qui vit dans ces espaces, s’ajoutent les problèmes de sécurité, souvent insurmontables avec la présence des gangs armés. 

Dans ce sens, le RNDDH estime qu’à ce stade, il ne suffit plus aux autorités étatiques d’affirmer que le pays est plus apte à faire face aux catastrophes naturelles. Il faut encore que ces autorités soient présentes pour accompagner effectivement les victimes, coordonner les interventions humanitaires, et mettre en place des structures de communication accessibles aux victimes, en vue de monitorer les interventions susmentionnées et d’éviter des violations de droits humains. C’est à ce prix que les autorités haïtiennes prouveront que la vulnérabilité des citoyens face aux catastrophes naturelles constituent pour elles une priorité. C’est aussi à ce prix qu’elles salueront de la meilleure façon qui soit, la mémoire des nombreuses victimes de tremblements de terre enregistrés en Haïti depuis le 12 janvier 2010.