L’alliance Niger-Burkina-Mali se réaffirme

Écrit par Haïti Liberté, édition du 29 nov au 2 déc 2023 

Le général Abdourahamane Tiani, président du Conseil national pour la sauvegarde de la patrie (CNSP) et premier dirigeant de fait du Niger, s’est rendu au Mali ce 23 novembre 2023, avant de se rendre à Ouagadougou. C’est la première sortie du général Tiani hors du Niger depuis qu’il a pris le pouvoir le 26 juillet. Une visite « d’amitié et de travail », qui ne durera que quelques heures, selon les autorités maliennes de transition. Il a atterri à Bamako un peu avant 10h, heure locale, ce jeudi. Il a eu les honneurs du tapis rouge et a été accueilli à sa descente d’avion par le colonel Assimi Goïta, le président malien de transition. 

De plus, le Président de la Transition, Chef de l’Etat le Capitaine Ibrahim TRAORE, a eu un tête-à-tête en début de soirée avec le Président du Conseil national pour la sauvegarde de la Patrie, Chef de l’Etat du Niger, le Général de Brigade Abdourahamane TIANI, en visite d’amitié et de travail au Burkina. 

La rencontre entre les deux chefs d’Etat a été marquée par une séance de travail élargie aux délé-gations des deux parties. Pour le Général de Brigade TIANI, cette visite d’amitié et de travail vise surtout à « remercier et exprimer notre gratitude, la gratitude du Conseil national pour la sauvegarde de la patrie, la gratitude du gouvernement et du peuple nigérien envers Monsieur le Président de la Transition et son gouvernement, envers l’ensemble du peuple burkinabè pour les soutiens multiples ». Selon le Chef de l’Etat du Niger, ce soutien du peuple burkinabè et de ses autorités a permis à son pays de résister face aux menaces de la CEDEAO d’attaquer le Niger et de faire face à l’em-bargo de l’institution imposé au Niger. Il a salué la déclaration conjointe du Burkina Faso et du Mali en soutien au Niger et la création de l’Alliance des Etats du Sahel (AES) qui permet désormais aux trois pays de faire face à tout agresseur contre l’un des trois. Le Chef de l’Etat nigérien a reconnu la nécessité pour les trois pays de conjuguer les efforts pour défendre leur « terre promise » qu’est le Sahel, une zone pleine de potentialités pour la construction d’un développement harmonisé entre ces pays. 

L’alliance se réaffirme entre ces trois pays à savoir le Mali, Burkina et le Niger. Le Mali s’associe à la Russie pour la construction d’une raffinerie d’or Deuxième producteur d’or en Afrique de l’Ouest, le Mali cherche à maximiser les revenus générés par l’exploitation du métal jaune. Après la révision du code minier cette année pour augmenter la participation nationale dans les projets miniers, le gouvernement s’attaque à la transformation locale. 

Le Mali a signé un protocole d’accord avec la Russie pour la construction d’une raffinerie locale d’or. D’une capacité de 200 tonnes par an, elle serait la plus grande de la sous-région ouest-afri-caine et permettrait au pays d’accroitre les revenus générés par l’exploitation de l’or. 

Selon les détails rapportés le 22 novembre par Reuters qui cite une intervention du ministre de l’Économie et des Finances Alousséni Sanou à la télévision nationale, le protocole d’accord est valable quatre ans. Un calendrier de construction n’a pas été donné, mais on peut envisager que cette période servira à négocier les termes d’un accord contraignant, notamment le financement d’un tel projet. 

Selon les données offi cielles, le Mali a été le deuxième producteur ouest-africain d’or et le 3ème sur le continent en 2022, derrière le Ghana et l’Afrique du Sud. La production industrielle a atteint 66,2 tonnes l’année dernière, soit 72,2 tonnes au total avec l’ajout des estimations de la production artisanale d’or. Quant aux recettes publiques générées par le secteur, elles ont atteint le chiffre record de 763,7 milliards FCFA. 

Notons que le projet de construction d’une raffinerie d’or par le gouvernement s’inscrit dans une stratégie plus large visant à accroitre la contribution du secteur minier à l’économie. C’est pour atteindre cet objectif qu’un nouveau code minier a été adopté cette année, puis promulgué par le président Assimi Goïta. Il prévoit notamment une participation maximale de 35 % pour l’État et les investisseurs locaux dans les mines, contre un maximum de 20 % précé-demment. 

Pour rappel, l’essentiel de la production malienne et africaine d’or est raffiné en dehors du continent, notamment en Suisse, au Canada et en Chine. Des pays du continent disposent néanmoins de raffi neries d’or, à l’instar de l’Afrique du Sud et du Zimbabwe, et des projets de construction sont mis en oeuvre au Ghana et en RDC. 

PresseTV 24 novembre 2023