Publié le 06 novembre 2010
Haïti: le choléra a fait plus de 500 morts
Agence France-Presse:Port-au-Prince
L'épidémie de choléra qui frappe Haïti a fait plus de 500 morts, selon le site internet du ministère haïtien de la Santé.
Un précédent bilan rendu public le 3 novembre avait fait état de 442 morts et de 6742 personnes hospitalisées.
Le nouveau bilan, établi jusqu'au 4 novembre, publié sur le site internet du ministère haïtien de la Santé publique et de la Population, dénombre 501 morts et 7359 hospitalisations.
L'épidémie de choléra, qui frappe Haïti depuis le 20 octobre, a fait chaque jour 32 décès et 404 hospitalisations, selon les statistiques officielles.
L'épidémie de choléra sévit dans le pays depuis mi-octobre. Des analyses de laboratoires publics américains, rendues publiques récemment par les autorités haïtiennes, ont révélé que la bactérie responsable de l'épidémie était similaire à des souches trouvées en Asie.
Les autorités haïtiennes redoutent une nouvelle flambée du choléra à cause des inondations provoquées par le passage de l'ouragan Tomas, qui a frappé Haïti vendredi.
«Nous sommes préoccupés à cause des conditions sanitaires dans lesquelles vivent des centaines de milliers de victimes du séisme du 12 janvier», déclarait récemment une responsable du ministère haïtien de la Santé.
Selon des chiffres communiqués par les ONG, depuis le séisme meurtrier de janvier, 1,3 million d'Haïtiens sur une population totale de 10 millions vivent dans des camps de réfugiés abrités dans des tentes.
Le choléra est une maladie hautement contagieuse dont la propagation est favorisée par les défaillances des réseaux sanitaires et l'absence d'hygiène.
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Publié le 05 novembre 2010
Le choléra pourrait gagner du terrain
Laura-Julie Perreault--La Presse
Malgré les nombreux efforts déployés pour contenir l'épidémie, le choléra continue de gagner du terrain en Haïti. Et l'arrivée de la tempête tropicale Tomas fait craindre le pire.
Comme à Sainte-Lucie, où Tomas vient de passer, la tempête pourrait causer des glissements de terrain en Haïti et endommager les fragiles infrastructures sanitaires ainsi que le système d'approvisionnement en eau. Les pluies qui accompagnent la tempête pourraient aussi contribuer à disperser dans tout le pays des eaux contaminées par le choléra.
«L'épidémie est à peu près contenue pour le moment, mais on craint que la tempête ne détruise tout ce que nous avons fait au cours des dernières semaines», a dit hier Marie-Ève Bertrand, responsable des communications de l'organisme humanitaire CARE, que La Presse a jointe à Port-au-Prince.
Depuis le mois dernier, CARE, comme nombre d'organismes humanitaires en Haïti, distribue de l'eau propre, des tablettes de purification d'eau et de l'information sur le choléra.
Par ailleurs, des cliniques d'urgence ont été ouvertes dans les zones les plus touchées ainsi que près de la capitale, en prévision d'une éventuelle propagation. Des dizaines de milliers de sachets de réhydratation et de comprimés d'antibiotiques, principaux traitements du choléra, ont été acheminés vers Haïti.
Malgré tout, l'Organisation mondiale de la santé dénombrait hier 442 morts et 6700 hospitalisations. À ce jour, des cas ont été signalés dans 5 des 10 départements d'Haïti. Pour le moment, la capitale est épargnée.
Source soupçonnée
L'apparition du choléra en Haïti sème la controverse. Aucune donnée n'indique que le pays y ait déjà été exposé.
Puisque la maladie est particulièrement répandue en Asie du Sud (la bactérie est originaire du delta du Gange), les yeux se sont vite tournés vers les Casques bleus du Népal, basés près de l'Artibonite. Des manifestants ont réclamé leur départ.
L'Organisation mondiale de la santé (OMS) a d'abord tenté de calmer les esprits, expliquant que les troupes risquaient peu d'être à l'origine de l'épidémie, mais de nouvelles analyses faites aux États-Unis ont démontré que la souche de choléra détectée en Haïti est semblable à celle qui a causé une épidémie au Népal juste avant que les soldats soient envoyés en Haïti.
Seulement 20% des personnes qui contractent la maladie ont des symptômes légers, et 5% ont des symptômes graves qui, s'ils ne sont pas traités, peuvent causer la mort. Il se peut qu'une personne ne se rende jamais compte qu'elle est porteuse de la bactérie.
«On ne doit surtout pas faire de spéculation sur la source. Nous n'avons pas assez de recul. Il faut surtout tout faire pour prévenir l'épidémie», a dit la Dre Claire Lise Chaignat, jointe au siège social de l'OMS.
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