Le Conseil national de transition dénonce une politique « génocidaire » de la communauté internationale en Haïti

Écrit par Marlyne Jean, AlterPresse, Haïti, publié le 6 mai 2022 

Le Conseil national de transition (Cnt), issu de l’accord du 30 août 2021, autrement appelé « accord de Montana », dénonce une politique « génocidaire » de la communauté internationale en Haïti, dans une note en date du jeudi 5 mai 2022, transmise à l’agence en ligne AlterPresse. 

Le Cnt encourage les actrices et acteurs haïtiens à se concerter, pour contraindre la communauté internationale à établir un autre modèle de relation avec Haïti, basé sur le respect des droits humains, la dignité du peuple, la démocratie et un État construit sur la loi. 

« L’accord du 30 août (2021) n’entrera pas dans cette politique génocidaire, qui tend à exterminer le peuple haïtien. Nous ne voulons pas croire que la seule façon que la plus grande puissance mondiale trouve à défendre ses intérêts en Haïti, c’est de détruire le peuple haïtien », relève le Cnt, tout en espérant un changement de cette politique. 

Le secteur international, qui supporte cette stratégie malveillante, et ses alliés criminels sont tenus pour responsables de la mort de chaque Haïtienne / chaque Haïtien par balles ou par machettes des malfaiteurs, poursuit-il. 

Le Conseil national de transition critique l’indifférence du gouvernement de facto, du secteur de la communauté internationale et d’une partie du secteur privé, face à la détérioration des conditions de sécurité dans le pays. 

Le gouvernement de facto garde un grand silence, 13 jours après que les affrontements armés ont éclaté entre les gangs rivaux 400 mawozo et Chen mechan (« chiens méchants ») au niveau de la Plaine du Cul-de-sac, notamment dans les quartiers de Butte Boyer, Croix-des-Missions, Santo et Cité Soleil (municipalité au nord de la capitale, Port-au-Prince). 

Au moins 75 personnes, dont des femmes et des enfants, ont été tuées, et 68 autres blessées, dans les affrontements violents, entre des gangs rivaux, qui ont éclaté depuis le dimanche 24 avril 2022, dans les communes de Croix-des-Bouquets et Tabarre (municipalités au nord-est de la capitale, Port-au-Prince) et Cité Soleil (nord), selon des chiffres fournis par les Nations unies, citant plusieurs sources. 

Au moins 12 maisons ont été délibérément incendiées et cinq personnes auraient été brûlées vives au cours d’événements à Cité Soleil, relatent les Nations unies, qui ont expriment de vives préoccupations face à la rapide détérioration de la situation sécuritaire et des droits humains, dans la zone métropolitaine de Port-au-Prince.