Le Rnddh demande de changer le leadership du Binuh, un des responsables de la nouvelle crise en Haïti

Par Alter Presse, Haïti, publié le 10 septembre 2021 

Le Réseau national de défense des droits humains (Rnddh) recommandé au Conseil de sécurité de l’Organisation des Nations unies (Onu) de changer le leadership du Bureau intégré des Nations unies en Haïti (Binuh), considéré comme l’un des responsables de la nouvelle crise dans le pays, selon les informations obtenues par l’agence en ligne AlterPresse. 

Cette demande a été formulée par la responsable de programmes du Rnddh, Rosy Auguste Ducéna, lors d’une réunion virtuelle, organisée, le mercredi 8 septembre 2021, avec le Conseil de sécurité de l’Organisation des Nations unies (Onu). 

Depuis 2018, les actes de violences ne font qu’augmenter en Haïti, où 13 massacres et attaques armées, perpétrés par des gangs armés, ont été recensés dans les quartiers défavorisés, signale le Rnddh. 

Les gangs armés ont été renforcés pour affaiblir les institutions du pays, avec la complicité passive de la communauté internationale, dont le Binuh, critique le Rnddh. 

Le Binuh avait soutenu, en septembre 2020, la fédération des gangs armés, dite G9 an fanmi ak alye, estimant que c’était une bonne chose pour le pays et qu’elle aurait conduit à une réduction des homicides, fustige le Rnddh. 

Cependant, ces dernières semaines, les gangs armés, membres de cette coalition, continuent d’afficher leur niveau extrême de puissance et d’arrogance, en exhibant, en toute impunité, la quantité innombrable d’armes et de munitions, dont ils disposent. 

« Ils négocient, contre des sommes exorbitantes, des trêves de quelques semaines, tout en exigeant, chaque jour, plus de moyens des autorités de l’État. Le Binuh reste la pire mission onusienne que le pays ait jamais connu », relève le Rnddh. 

Le Binuh coupe tout contact avec tout secteur de la société haïtienne, qui ose dénoncer les dérives de l’État, comme l’impunité, la corruption, l’instrumentalisation des institutions étatiques, déplore l’organisme de défense des droits humains, qui souligne combien les conditions de terreur ne favorisent point la possibilité d’organisation d’élections libres et démocratiques dans le pays. 

Le Réseau national de défense des droits humains appelle, entre autres, les membres du Conseil de sécurité des Nations unies à supporter des élections libres, honnêtes, démocratiques et inclusives, qui seraient réalisées dans un climat apaisé et sur la base d’un accord politique. 

Les divergences sur la manière de résoudre la crise continuent d’opposer les différents protagonistes politiques, engagés dans les discussions. après 

Le Rnddh invite l’Onu à dénoncer fermement la coalition des gangs armés, tout en appuyant les démarches pour poursuivre ce régime tèt kale, au pouvoir en Haïti, depuis l’année 2011, pour les nombreux actes de violations de droits humains, perpétrés sur le territoire national.