Le RNDDH dénonce la pire négation des droits humains actuellement dans le pays

Par Haïti Press Network, publié le 22 avril 2021 

Lors d’une présentation devant des fonctionnaires américains du département d'État américain, le Réseau Nationale de Défense des Droits Humains (RNDDH) a fait part de son inquiétude sur la situation générale du pays et dénoncé une situation de négation des droits qui n’a jamais existé en Haïti depuis 1986. 

« Si les indicateurs en matière d’Etat de droit sont au rouge, depuis 1986, les défenseurs des droits humains n’ont jamais vécu une telle situation de négation des droits humains dans le pays, après le départ de l’ancien dictateur Jean Claude Duvalier », a déclaré Pierre Espérance, Directeur Exécutif du RNDDH lors d’une session. 

Les conditions générales de vie de la population sont catastrophiques car, les droits économiques et sociaux ainsi que les droits civils et politiques du peuple haïtien sont constamment violés a, de son côté, martelé Marie Rosy Kesner Auguste, Responsable de Programmes du RNDDH. 

Aujourd’hui, selon le RNDDH, le pays est dirigé par un seul homme obnubilé par son maintien au pouvoir, malgré la fin de son mandat et malgré l’effondrement visible de l’Etat. L’organisme relate que depuis début 2021 le président Jovenel Moise a activé son Agence Nationale d’Intelligence (ANI) qui lui fournit des informations sur les membres de l’opposition politique. Il a récemment informé la population être dans l’incapacité de laisser le pouvoir par souci de protection de ses partisans et alliés, précise RNDHH. 

Le peuple haïtien, souligne l’organisme aux responsables américains du département d’Etat, a déjà montré à plusieurs reprises, qu’il était capable de décider de ce qui est bon pour lui. « Nous sommes conscients que le pays a besoin de partenaires pour sortir de cette crise mais, il faut que ces partenaires soient des amis prêts à écouter les haïtiens et surtout prêts à comprendre que leurs aspirations portent sur la bonne gouvernance, l’organisation d’élections libres et inclusives, la lutte contre la corruption, le contrôle de la vente et de la circulation des armes à feu sur le territoire national, l’adoption de mécanismes de recevabilité et la réalisation de leurs droits civils, politiques, économiques et sociaux », reconnait-t-il. 

Dans sa présentation sur la situation des droits humains en Haïti, Le RNDDH fait plusieurs recommandations au gouvernement américain. Il a notamment demandé de mettre fin au support d’un processus électoral vicié à la base qui débouchera à coup sûr sur une crise post-électorale et une grande instabilité politique avec le risque de voir plus de victimes de persécutions politiques augmenter le nombre d’immigrés illégaux dans la région. 

Il suggère aussi de supporter des élections libres, transparentes et inclusives avec un Conseil électoral légitime, issu d’un consensus politique et de se prononcer sans ambiguïté sur l’organisation inconstitutionnelle du référendum planifié par le pouvoir ; 

- De poursuivre tous ceux qui, dans ce régime, sont impliqués dans la violation des droits humains, la corruption et le blanchiment des avoirs sur le territoire américain.[i] 

- D’enquêter sur les armes illégales en provenance des Etats-Unis d’Amérique qui entrent facilement en contrebande sur le territoire Haïtien.