Écrit par : Gary Victor, Le National, Haïti, publié le 9 mars 2024
C’est connu les sacrifices que consentent les parents pour que leurs enfants fréquentent l’école. Même si certains de ces parents ne comprennent pas trop l’importance de la Culture et de l’édu-cation, la pression sociale est assez forte pour qu’ils se cassent en quatre pour que leurs enfants aillent à l’école. Le paradoxe est que malgré l’importance, semble-t-il, attachée à l’éducation, on accepte comme si de rien n’était que des crétins, des vauriens, des nuls aillent s’asseoir au Parle-ment ou aillent infester les postes les plus importants de l’appareil d’État.
Avant d’indexer les nullards qui sont élus, il faut aussi chercher à comprendre comment une popula-tion chaque fois fait les choix les plus mauvais. Certes il y a la corruption, mais pour que cette cor-ruption marche il faut aussi que cet électeur n’ait de vue que sur un présent figé sur quelques heu-res, car il n’est jamais difficile de se rendre compte que le nul au pouvoir va encore pourrir encore plus nos quotidiens.
Et pour être pourri, notre quotidien l’est. Il est d’autant plus pourri que ces nuls sont dans l’incapacité d’avoir la moindre vision à moyen ou à long terme pour notre société. Alors que nous sommes en plein chaos, alors que les hordes de barbares s’avancent de partout, on ne sent nulle part la néces-sité de former ce dernier carré pour s’opposer à la progression des bandits. Encore une fois, le même petit jeu de coquins pour la conquête du pouvoir, continue. Dans ce jeu, on ne tient pas compte du temps qui est contre nous ni des souffrances de la population. Lesdits chefs de partis à qui on accordait même un minimum de crédit se noient dans la fange d’ambitions mal placées, ambitions nourries de la conviction qu’aucune élection ne leur permettra de contrôler l’administration du pays vu que tout ce qui leur restait de respectabilité est parti en fumée.
On a nommé le dernier Premier ministre par un tweet. Un tweet de l’étranger. Si les mêmes acteurs passentbdes heures à se battre tels des animaux affamés pour un os, un autre tweet de l’étranger risque de mettre tout ce monde laid à la raison surtout qu’il suffit que le maître de Washington dise : « couchés ! » pour que toud se couchent et se mettent la queue entre les jambes.
Il nous faut un Conseil électoral au plus vite. Un Conseil avec des pouvoirs étendus pour gérer la question de la sécurité et pour organiser les élections tout d’abord par la base. Il nous faut d’autres règles de gouvernance avec la suppression de tous les privilèges accordés traditionnellement aux élus et hauts fonctionnaires. Dès que ces fonctions deviendront sacerdotales, on verra fuir la nuée des « petits vicieux » qui pourrissent le jeu politique en Haïti. Mais même en faisant de ces fonctions des sacerdoces il faudra faire attention. On connait l’exemple déplorable des églises. Mais il n’y a pas d’autre manière d’avancer que de supprimer tous les privilèges des fonctions électives et pu-bliques. Tous !
Pour l’instant nous avons le salaire de la bêtise.


