Le secteur éducatif touché de plein fouet par le kidnapping

Par Evens Nelson, Le National, Haïti, publié le 3 déc 2021

Le kidnapping, malheureusement l'une des plus florissantes industries en Haïti, touche de plein fouet, ces derniers temps, le secteur éducatif. Responsables et professeurs d'universités, étudiants, directeurs d'école, élèves, parents, libraires, enfin, la longue liste de cas de kidnapping à répétition dans ce secteur n'est pas à négliger. Du lundi au mardi de la semaine en cours, Sony Guichard, directeur du collège Coeur de Jésus et son chauffeur sont enlevés à la rue Marron inconnu. Jonas Saint-Juste, directeur du Collège, Jacques Stephen Alexis et son fils, kidnappés, vingt-quatre (24) heures plus tard, non loin du marché Seradòt, à la Croix-des-Bouquets.

Pour le seul mois de novembre, le Centre d'analyse et recherche en droits humains (CARDH) dit avoir recensé, au moins, 100 cas de kidnapping. Il se peut bien que ces cas déclarés représentent la partie émergée de l'iceberg, tenant compte de la quantité de rapts commis, mais qui sont, pour une raison ou une autre, traités dans l'ombre.

De nombreuses voix continuent de s'élever pour condamner cette forme particulière, surtout redoutable, que prend l'insécurité en Haïti. L’arrivée de Frantz Elbé au poste de directeur général de la Police nationale haïtienne, le 21 octobre dernier et les changements effectués au niveau du haut commandement de cette institution n'apportent toujours pas les résultats escomptés. Au contraire, les gangs armés et les kidnappeurs, en particulier, ne se donnent toujours pas de répit.

Avec une rare facilité, ils continuent d'appauvrir des familles et dans les cas extrêmes, semer le deuil, en toute quiétude d'esprit. 

À la Croix-des-Bouquets, des élèves du collège Jacques Stephen Alexis, appuyés des camarades d'autres écoles, de parents et citoyens ont foulé, jeudi, le macadam pour exiger la libération des deux directeurs susmentionnés. En période de fin de contrôle, ces élèves devaient plutôt se concentrer sur leurs examens. Mais, convaincus que leur mouvement de rue aboutira à la libération des deux acteurs du système éducatif, les protestataires disent ne pas avoir le choix. Gagner les rues pour faire passer une revendication légitime, à savoir: la sécurité des citoyens.