Léon Charles (Haiti) et des représentants de 25 autres pays membres de l’OEA, exigent la libération de prisonniers politiques au Nicaragua

Écrit par Rezo Nòdwès, Haïti, publié le 18 février 2022 

Vingt-six pays de l’OEA présentent une déclaration exigeant la libération immédiate des prisonniers politiques au Nicaragua. 

Léon Charles est accusé d’avoir soudoyé un juge en Haiti, dans le cadre de l’enquête sur l’assassinat de Jovenel Moise (voir rapport RNDDH). 

à lire : Dossier Jovenel|Corruption. Deux millions de Gourdes débloqués par Léon Charles pour soudoyer le juge Garry Orélien, révèle un rapport de RNDDH 

Vingt-six pays de l’Organisation des États américains (OEA) incluant Haiti avec ses propres prisonniers politiques jusqu’en 2022, ont présenté vendredi une déclaration dénonçant l’intensification de la « souffrance humaine » au Nicaragua et exigeant la libération immédiate des prisonniers politiques dans ce pays d’Amérique centrale. 

La déclaration souligne que l’organisation « ne peut rester silencieuse face à la tragédie qui se déroule au Nicaragua », faisant référence à la détention continue de « prisonniers politiques ». Selon l’opposition nicaraguayenne, on en dénombre au moins 170 dans le pays depuis les manifestations de masse de 2018. En Haiti, les prisons regorgeaient également de prisonniers politiques lors de l’administration Jovenel Moise-Lapin-Jouthe-Claude Joseph avec la complicité des principaux directeurs généraux de la Police Nationale, notamment Léon Charles siégeant actuellement à l’OEA. 

La déclaration a été signée par Antigua-et-Barbuda, l’Argentine, les Bahamas, la Barbade, le Belize, le Brésil, le Canada, le Chili, la Colombie, le Costa Rica, la République dominicaine, l’Équateur, le Salvador, la Grenade, le Guatemala, la Guyane, Haïti, la Jamaïque, le Panama, le Paraguay, le Pérou, Saint-Kitts-et-Nevis, le Suriname, Trinité-et-Tobago, les États-Unis et l’Uruguay. 

Libération de tous les opposants au gouvernement de Daniel Ortega 

Plusieurs membres de la communauté internationale demandent depuis des mois au Nicaragua de libérer tous les opposants au gouvernement de Daniel Ortega, qui s’est déclaré vainqueur des élections du 7 novembre. Lors des élections, M. Ortega a remporté un quatrième mandat consécutif, son deuxième avec son épouse et vice-présidente Rosario Murillo. 

Vendredi, plus d’une douzaine de membres du Conseil permanent de l’OEA ont condamné et regretté la mort de l’ancien guérillero sandiniste Hugo Torres, décédé le 12 février dans une prison du Nicaragua. La déclaration présentée souligne que Torres était « maintenu dans des conditions inhumaines ». 

Le gouvernement nicaraguayen a annoncé en novembre qu’il allait se retirer de l’OEA, l’organisme hémisphérique qui réunit 34 pays des Amériques. Le ministre des affaires étrangères du Nicaragua, Denis Moncada, a déclaré lors d’une conférence de presse que son pays se dissociait de l’orga-nisation en raison de « ses ingérences répétées ». Toutefois, la sortie de la nation centraméricaine de l’organisation pourrait prendre des mois en raison des procédures protocolaires et des accords qui doivent être respectés.