Les anciens militaires,illégalement armés, ne s'inquiètent de personne.
Agence Haitienne de Presse,Cap-Haïtien, le 20 mars 2012
Les anciens militaires et leurs alliés poursuivent leur marche vers les différentes ville d’Haïti, dans l’indifférence presque totale des autorités politiques et sécuritaires du pays.
Lundi, peu avant la tombée de la nuit, une cinquantaine d’hommes armés, en treillis militaires, ont investi les locaux abritant la direction départementale Nord du Ministère de l’Agriculture, des Ressources Naturelles et du Développement rural, à l’entrée de la ville dans un local qui, autrefois, appartenait aux anciennes forces arméees dissoutes en 1995.
Ces hommes armés, pour la plupart des jeunes, se réclamant de l'ancienne armée ont fait savoir que leur intention est de contribuer à protéger la ville et forcer les autorités à leur payer leurs primes de révocation, ajoutant qu’ils ont été illégalement renvoyés de l’armée et qu’ils ont subi toutes sortes d’humiliations ces 17 dernières années.
Ce mardi, les hommes en armes auraient même exercé des pressions sur les autorités municipales pour qu'elles leur donnent des moyens de subsistance, notamment des vivres.
Des membres de la population très anxieux de la présence de ces individus armés et en treillis militaires, ont préféré quitter les lieux par crainte de nouveaux developements.
Le délégué départemental du Nord, Yvon Altéon, n’était pas en mesure mercredi matin, de dire quelle dispositions allaient être adoptées devant l’imposante présence des anciens militaires et de leurs jeunes alliés.
M. Altéon informait que la décision devrait être prise au plus haut niveau, renvoyant sans le dire la balle au pied du ministère de l’intérieure et de la défense nationale et des responsables de la sécurité publique.
Il a affirmé cependant avoir discuté avec l’un des chefs de la troupe, un certain « commandant Moïse ». "Il m’a dit que l’intention de ses collègues est de revendiquer leur droit de faire respecter le territoire national et réclamer leurs arriérés de salaires entre autres.
Yvon Altéon croit savoir que ces hommes qui s’entrainaient depuis plusieurs mois à Grande Rivière du Nord, pourraient être rejoints par environ un millier de « frères d’armes »
Il estime que la population ne devrait pas craindre ces hommes- quoique armés- puisqu'ils ont promis de rester « sages ».
L’un des sénateurs du Nord, Moïse Jean-Charles, qui dès le début accusait le chef de l’Etat de mettre sur pied un groupe paramilitaire « Milice rose » a fait savoir que ces hommes armées ont l’intention de marcher de ville en ville comme il l’avait prédit.
Le parlementaire, opposant convaincu au président Michel Martelly qu’il accuse d’avoir la nationalité étrangère, promet de porter la question au Sénat de la république, à la prochaine conférence des présidents, prévue ce mardi, arguant que le problème des anciens militaires constitue une menace pour la sécurité publique.
Lundi, la responsable de l’information de la Mission des Nations Unies pour la Stabilisation d’Haïti (Minustah), Eliane Nabaa avait fait savoir que casques bleus de l’ONU ne pouvaient intervenir pour désarmer et déloger ces paramilitaires, sans la demande des autorités
En dépit de l'ultimatum de 15 jours donné par la présidence et le Ministère de l'Intérieur et qui a échu le week-end dernier, pour quitter les sites occupés , les anciens militaires et alliés y sont toujours et leur entrée dans la deuxième ville du pays montre qu’ils n’ont pas l’intention d’abdiquer. malgré la fin de l’ultimatum des autorités gouvernementales.
La présence des hommes armés dans des installations qui appartenaient à l’armée s’imposent dans un contexte marqué par une nette recrudescence des actes de criminalité, une remontée de l’insécurité diversement interprétée par ldifférents secteurs de la population.
Si certains pointent directement du doigt les anciens militaires, d’autres estiment que cette situation confuse est exploitée par des bandits qui en profitent pour semer le deuil dans les familles.
Une organisation de défense de droits humains, le RNDDH (Réseau National de Défense de droits Humains) a publié la semaine dernière des statistiques selon lesquelles, de janvier à la mi-mars, plus de 130 citoyens ont été tués par balles.


