Les promoteurs de l’Accord de Montana annoncent la formation d’une délégation pour dialoguer avec le pouvoir de facto

Écrit par Rezo Nodwes, Haïti, publié le 4 juin 2022

Le Premier Ministre de facto Ariel Henry,  sur qui le New York Times fait peser des soupçons quant à une certaine participation dans l’assassinat crapuleux de Jovenel Moïse et qui refuse jusqu’à date de s’expliquer par devant la justice de son pays, est en voyage jusqu’au 14 juin aux États-Unis afin de participer au Sommet des Amériques où Il profitera, dit-il, de l’occasion  pour « parler à ses interlocuteurs de sérieux problèmes que nous confrontons dans notre pays, notamment la sécurité, la gouvernance démocratique et les difficultés économiques et sociales. « 

Cependant les hommes et femmes de l’Accord de Montana élargi, du PEN modifié et du GREH s’activent en Haïti.

Ils veulent dialoguer et négocier avec celui à qui ils exigeaient hier encore ,avant toute chose, de se mettre à la disposition de la justice et qui a comme mission principale , aujourd’hui, renouveler le régime PHTK en Haïti(avec ou sans Joseph Michel Martelly) et garantir la main mise totale du Core Group sur le pays après l’assassinat  du Président Jovenel Moïse .

Ils estiment que c’est ainsi qu’ils parviendront à organiser de bonnes élections pour designer souverainement les dirigeants du pays

En effet, le Bureau de Suivi de l’Accord de Montana(BSA) a annoncé la formation d’une délégation composée de représentants des élus dudit Accord, du BSA, du PEN et du Conseil National de Transition.

Selon la  note du BSA, elle est composée de Hugues Célestin, Dunois Eric Cantave, Antoine Rodon Bien-Aimé, Ernst Mathurin, Jacques Ted Saint-Dic et Magali Comeau Denis.

Cette délégation aurait pour mission de «  conduire le dialogue politique avec le pouvoir en place et ses alliés afin de trouver le consensus nécessaire au rétablissement de la paix, la stabilité politique, la sécurité et l’amélioration des conditions de vie de la population.’’

Le BSA indique avoir rendu public cette liste en vue de prouver sa volonté d’oeuvrer, sans dilatoire, en faveur d’une solution à la crise pour mettre fin aux souffrances de la population.

Il souligne  cependant, qu’Ariel Henry n’a toujours pas répondu, plus de quinze jours après, à une correspondance qui lui a été transmise sur l’agenda modifié contenant les quatre points déjà inscrits dans l’accord de Montana, que le pouvoir avait jugés conformes à son approche.

En dépit du fait qu’ils aient constaté le mépris dont ils sont l’objet de la part du PM de facto  , les hommes et femmes de l’Accord de Montana se déclarent «  prêts à poursuivre le dialogue politique pour aboutir à une transition conduite par des dirigeants jouissant de la légitimité citoyenne afin de mettre fin à l’insécurité, au kidnapping, à la cherté de la vie, aux crimes et aux massacres’’,

« Humblement, face à la douleur du pays et par respect pour la bataille du peuple haïtien, nous invitons Dr. Ariel Henry et ses alliés à former leur délégation afin d’entamer les discussions et signer un engagement pour sortir le pays de l’impasse », écrit le BSA.

Parallèlement, le comité de médiation mise en place par le Core Group et Ariel Henry continue de travailler.

Dans une note rendue publique le 31 mai dernier, cette commission a laissé entendre que le processus est sur la bonne voie.

Cette structure, constituée de Religions pour la paix-Haïti, de la Chambre de commerce et d’industrie d’Haïti (CCIH) et de la Conférence des recteurs et présidents des universités haïtiennes (CORPUHA), informe avoir déjà consulté en ce sens plusieurs partis politiques, et de nombreuses structures évoluant dans différentes sphères de la vie nationale.