Les puissances étrangères et l’ONU tournent le dos à Claude Joseph, titre un journal de Bogota

Par Rezo Nòdwès, Haïti, publié le 17 juillet 2021 

C’est la valse des plus soumis et sans personnalité qui se joue. 

Les puissances étrangères et l’ONU, à travers Binuh, ont tourné le dos au Premier ministre intérimaire de facto Claude Joseph, à la tête du pays depuis l’assassinat du président Jovenel Moise il y a dix jours, en annonçant samedi leur soutien explicite à l’un des rivaux qui lui disputent le pouvoir. Probablement, l’ancien-ministre de Martelly pourrait mieux faciliter le retour de celui-ci au pouvoir en lieu et place de Laurent Lamothe, toujours indexé aux yeux de la majorité, dans la dilapidation des fonds de Petro Caribe, nonobstant le dernier décret avilissant du régime Moise-Joseph. 

Selon le quotidien de Bogota, El Universal, les représentants en Haïti des Nations Unies, de l’Organisation des États américains (OEA) et de l’Union européenne ainsi qu’un groupe de six ambassadeurs, dont les États-Unis - les vrais maîtres du pays de Dessalines -, ont exprimé dans un communiqué leur soutien à Ariel Henry en tant que premier ministre sans se soucier que Jovenel Moise a illégalement accordé « pleine et entière décharge » au Dr. Henry, un des gestionnaires des fonds dilapidés de Petro Caribe. 

Le positionnement des ambassadeurs du « Core Group » en faveur de l’un des trois aspirants au pouvoir, poursuit le journal colombien, représente un tournant important, étant donné que dans les jours qui ont suivi l’assassinat, tant les Nations unies que les États-Unis ont reconnu l’autorité de Claude Joseph pour diriger le pays des Caraïbes jusqu’aux prochaines « élections »-sélections. 

Les doutes concernant la succession de Moise proviennent du fait qu’Ariel Henry a été nommé premier ministre de facto le 5 juillet, dans le dernier décret illégal et contesté signé par Moise deux jours avant sa mort, mais il n’a pas prêté serment, de sorte que Joseph a continué à diriger le gouvernement, avec le soutien de la police politisée à la solde du Palais National. 

APPEL À UN GOUVERNEMENT DE CONSENSUS, MAIS AVEC L’AGENDA DES ELECTIONS PIKE KOLE MAINTENUES ET UN CEP DE MERCENAIRES 

Dans leur communiqué, les puissances étrangères - qui s’approprient l’héritage de Dessalines - appellent à la formation d’un gouvernement consensuel et inclusif et, à cette fin, encouragent « fortement » Henry à poursuivre « la mission qui lui a été confiée de former un tel gouvernement » pour venir accoucher des élections frauduleuses et assurer profondément la descente d’Haiti aux enfers. 

Ce gouvernement de consensus, selon la vision des ambassadeurs - qui en fait, sont en charge du pays des nègres -, devrait être chargé d’organiser « dans les plus brefs délais » les élections présidentielles et législatives, qui, ont-ils souligné, devraient être « libres, équitables, transparentes et crédibles? ». 

Ce groupe a été initialement créé pour faciliter le travail de la Mission des Nations unies pour la stabilisation en Haïti (Minustah), déployée entre 2004 et 2017, mais dans la pratique, il sert à trouver un consensus sur les positions politiques des puissances par rapport à Port-au-Prince, alors qu’Haiti reste et demeure toujours le pays le plus pauvre de la région et avec des dirigeants les plus corrompus et soumis à sa tête.